La coalition de droite du Premier ministre Sali Berisha et celle de l'opposition du socialiste Edi Rama ont revendiqué chacune la victoire aux législatives de dimanche en Albanie alors que les résultats ne sont attendus que lundi.

Par ailleurs, alors que les bureaux de vote devaient fermer à 17H00 GMT, la Commission électorale centrale (CEC) a annoncé avoir autorisé la prolongation du scrutin autant que nécessaire en raison d'un nombre important d'électeurs qui faisaient toujours la queue pour voter.

Le scrutin a été marqué par la mort dimanche d'un militant d'opposition au cours d'un incident qui a eu lieu dans la matinée à Laç, à 40 kilomètres au nord de Tirana. Trois autres personnes, dont un candidat du parti de droite au pouvoir du Premier ministre sortant Sali Berisha, ont été blessées dans cet incident.

Le chef de l'opposition, le socialiste Edi Rama qui s'est aussitôt rendu sur place, a dénoncé "un grave incident politique (...) visant à intimider les électeurs".
"M. Berisha doit assumer l'entière responsabilité. Il doit partir à tout prix" du pouvoir, a ajouté l'ancien maire de Tirana, âgé de 48 ans.
Après avoir voté à Tirana, sans commenter cet incident, M. Berisha a dit vouloir "assurer les citoyens que leurs voix seront respectés" et a qualifié d'"inacceptable, toute forme d'intimidation".

A 13H00 GMT, soit quatre heures avant la fermeture prévue des bureaux de vote, le taux de participation était de 36%, supérieur de 3% par rapport à celui enregistré à la même heure lors du scrutin précédent de 2009.

En juin 2009, l'opposition avait refusé de reconnaître les résultats du scrutin, estimant qu'il avait été émaillé d'irrégularités. Un climat de méfiance règne depuis entre le pouvoir et l'opposition qui avait finalement accepté de siéger au Parlement.

Ces élections sont surveillées de près par Bruxelles qui a déjà, à deux reprises, refusé d'octroyer le statut de candidat à l'adhésion à l'UE à ce pays où, depuis la chute du régime communiste en 1990, les résultats des élections ont été systématiquement contestés.