Trump-Twitter, c’est la guerre frontale

Trump-Twitter, c’est la guerre frontale
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AFP

Twitter met des avertissements sur les messages de @realDonaldTrump. Trump accuse Twitter de parti pris…

Difficile de deviner l’issue de cet affrontement d’un genre nouveau entre le président des États-Unis et ce réseau social qu’il dénonce, mais qui est aussi son principal outil de communication avec plus de 80 millions d’abonnés.

À cinq mois de l’élection présidentielle, cette polémique permet pour l’heure au milliardaire républicain, privé de meetings de campagne en raison du coronavirus, de galvaniser sa base électorale en dénonçant ce qu’il estime être une injustice.

Cette guerre ouverte s’est déplacée vendredi sur un terrain dramatique : les violents affrontements à Minneapolis après la mort d’un homme noir, George Floyd, lors de son interpellation.

Twitter a masqué un message du locataire de la Maison-Blanche, jugeant qu’il était en violation de ses directives sur l’apologie de la violence. Le tweet reste cependant intégralement visible lorsque l’on clique sur le message.

"Ces CASSEURS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas faire cela. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai dit que l’armée était pleinement à ses côtés", écrivait le président. "Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles", ajoutait-il.

"Que des conneries"

Dans une escalade aussi ubuesque que puérile, le compte officiel de la Maison-Blanche @WhiteHouse a, comme un défi, tweeté le message de Donald Trump sur Minneapolis.

Dans une réponse du tac-au-tac, Twitter a émis le même avertissement : "Ce tweet a enfreint les règles de Twitter sur l’apologie de la violence. Toutefois, Twitter estime qu’il est dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible."

"Le président n’a pas fait l’apologie de la violence. Il l’a clairement condamnée", a commenté la Maison-Blanche. "Les vérificateurs d’information de Twitter et de (son patron) Jack Dorsey, qui travaillent avec un parti pris et sont de mauvaise foi, l’ont clairement démontré : Twitter est un éditeur, pas une plateforme", a-t-elle ajouté.

Le président américain avait signé jeudi un décret s’attaquant à la Section 230 du Communications Decency Act. Pierre angulaire de l’Internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur les plateformes à leur guise.

Le décret cherche à modifier le champ d’application de cette loi de 1996 et affirme que l’immunité ne peut s’étendre à ceux qui pratiquent la "censure de certains points de vue".

"Quand des réseaux sociaux puissants censurent des opinions […] ils cessent de fonctionner comme des forums passifs. Ils doivent être considérés et traités comme des créateurs de contenus", énonce le texte.

Mais pour le sénateur démocrate Ron Wyden, Donald Trump veut surtout "intimider" les réseaux sociaux et s’attaque à la Section 230 "parce qu’elle protège le droit des entreprises à ne pas avoir à héberger ses mensonges".

L’un des proches conseillers du président, Dan Scavino, qui s’occupe en particulier de sa stratégie sur les réseaux sociaux, a lui franchi un cap dans la virulence de ses attaques. "Twitter ne raconte que des conneries, a-t-il tweeté. De plus en plus de gens commencent à s’en rendre compte." (AFP)

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