L’épidémie accélère en Amérique latine et le Brésil n’a toujours pas de ministre de la Santé

Depuis jeudi dernier, le Brésil est le troisième pays au monde comptant le plus de morts du coronavirus (près de 36 000 décès), après les États-Unis (plus de 110 000 morts) et le Royaume-Uni (40 500 morts).

MFC (Avec AFP)
L’épidémie accélère en Amérique latine et le Brésil n’a toujours pas de ministre de la Santé
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Depuis jeudi dernier, le Brésil est le troisième pays au monde comptant le plus de morts du coronavirus (près de 36 000 décès), après les États-Unis (plus de 110 000 morts) et le Royaume-Uni (40 500 morts). 

Il faut toutefois relativiser ces chiffres. Avec 212 millions d’habitants, le Brésil a une population trois fois plus grande que celle de l’Italie, qui a été l’épicentre de la pandémie en Europe et compte près de 34 000 morts. Le Brésil déplore 153 morts de Covid-19 par million d’habitants, contre 557,2 pour l’Italie ou 587,8 pour le Royaume-Uni.

Le Brésil use les ministres de la Santé

Toutefois, le Brésil est le deuxième pays au monde en termes de personnes infectées, derrière les États-Unis. En outre, des chercheurs ont estimé, au début de la pandémie, que les chiffres brésiliens étaient largement sous-estimés. Cela fait trois semaines que le Brésil n’a plus de ministre de la Santé, depuis la démission de Nelson Teich ; comme son prédécesseur, il était en désaccord avec le président Jair Bolsonaro sur la stratégie à mettre en place face à la pandémie. Il a été remplacé à titre intérimaire par le général Eduardo Pazuello.

Même si les courbes de la pandémie demeurent en pleine ascension, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro continue de prôner le retour aux activités normales au nom de la préservation de l’emploi, s’opposant aux mesures de confinement prises par les gouverneurs des États.

Le Mexique relâche

La propagation du virus s’accélère aussi au Mexique, qui a franchi mercredi la barre des 1 000 morts en 24 heures : pour la première fois, ce nombre dépassait celui des États-Unis. Le bilan total y dépasse les 13 500 décès. Certains commentateurs lient cette hausse à la décision de lever le 1er juin les mesures de distanciation imposées au niveau fédéral. Plusieurs États fédérés ont choisi de les maintenir et certaines villes imposent des amendes à ceux qui ne les respectent pas. La rentrée des classes a été postposée dans la plupart des États fédérés.

Dans ce pays aussi, on estime le nombre officiel des morts sous-évalué, en l’absence de tests et parce que les hôpitaux publics refusent des malades. Le Mexique s’illustre particulièrement par l’hostilité marquée envers le personnel médical, soupçonné d’être contagieux. Les infirmières - qui ont l’habitude de sortir dans la rue avec leur tablier blanc - se voient ainsi rejetées des taxis, ou par leurs voisins. Beaucoup vivent à l’hôtel.

Le personnel médical craint lui-même la contagion, faute - comme en Europe ces derniers mois - d’équipements de protection efficaces : dans plusieurs hôpitaux, il lui faut réutiliser plusieurs fois des masques, charlottes et tabliers jetables. Quelque 11 000 d’entre eux ont été infectés, selon Forbes Mexico, et 149 en sont morts jusqu’au 27 mai. Selon les chiffres officiels, le Mexique souffre d’un déficit de 6 600 médecins et 23 000 infirmières.

Le Pérou, troisième pays le plus touché par l’épidémie de Covid-19 en Amérique latine, avec plus de 5 300 morts, a vu l’état d’urgence sanitaire prolongé de 90 jours à partir du 10 juin. Plus de 9 000 personnes sont hospitalisées dans le pays en raison du Covid-19, submergeant le système de santé qui souffre notamment de graves pénuries d’oxygène pour traiter les patients, au point que le gouvernement l’a déclaré jeudi dernier "ressource stratégique". Une équipe gouvernementale va maintenant évaluer la capacité de production nationale, tandis qu’un "gros budget" sera également affecté à l’importation d’oxygène, a déclaré le ministre de la Défense, Walter Martos. Les personnes souffrant de Covid-19 recevront de l’oxygène gratuitement. Selon la Sécurité sociale (Essalud), qui gère 400 hôpitaux et cabinets, la demande a été multipliée par cinq depuis le début de la crise sanitaire.

Parmi les morts, on compte au moins 146 policiers, 61 médecins et ambulanciers, huit pompiers et 20 journalistes, qui ont contracté le virus alors qu’ils travaillaient, selon les autorités. Le Pérou est en confinement national obligatoire depuis le 16 mars, avec un couvre-feu nocturne et des frontières fermées, ce qui n’a pas empêché la pandémie de se propager. La semaine dernière, 85 médecins cubains sont arrivés dans le pays pour appuyer le personnel de santé.

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