Luis Arce, l’artisan du "miracle économique bolivien"

Né en 1963, il est l’artisan du "miracle économique bolivien". Il a annoncé qu’Evo Morales ne ferait pas partie de son gouvernement.

Luis Arce, l’artisan du "miracle économique bolivien"
©AFP

Élu au premier tour, par 55 % des voix, le nouveau président de la Bolivie, Luis Arce, est l’artisan du miracle économique bolivien : il fut l’indéboulonnable (à l’exception d’un an et demi d’absence pour soigner un cancer) ministre de l’Économie et des Finances du socialiste indien Evo Morales, renversé en novembre 2019. Sous sa direction, le PIB a augmenté de 340 %, l’extrême pauvreté a chuté de 38 à 17 % de la population et le pays a connu une croissance moyenne de 4,6 % par an ; on attend une chute de 6 % cette année.

Issu d’une famille de la classe moyenne de La Paz, père de trois enfants, "Lucho" (diminutif de Luis et l’équivalent de "je lutte"), ainsi qu’est surnommé l’irrédentiste économiste, avait su résister, en 2006, à l’élection d’Evo Morales, contre les pressions de celui-ci pour doubler le salaire minimum : impossible, disait le ministre, tant qu’on n’a pas nationalisé les hydrocarbures. Luis Arce est ainsi devenu le père d’un modèle économique combinant des traits socialistes et libéraux : les nationalisations dans les hydrocarbures, les télécoms et les mines avaient permis à l’État d’engranger des bénéfices utilisés pour des dépenses sociales et des investissements industriels dans le lithium et le gaz. En 2014, le Wall Street Journal considérait comme la carte maîtresse de Morales ce Luis Arce qui avait passé la majeure partie de sa carrière à la Banque centrale de Bolivie et à enseigner dans différentes universités. Une activité à laquelle il n’a renoncé ni comme ministre, ni comme Président, annonce-t-il.