A peine élu, Joe Biden met en place une cellule de crise spéciale coronavirus

Le président élu des Etats-Unis Joe Biden met en place dès lundi une cellule de crise pour tenter de juguler la pandémie de Covid-19 dans son pays, de loin le plus affecté de la planète.

Hubert Leclercq (avec AFP)
A peine élu, Joe Biden met en place une cellule de crise spéciale coronavirus
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Dans son premier discours après l’annonce de sa victoire à l'élection présidentielle, Joe Biden a été très clair sur ses priorités : "Je ne ménagerai aucun effort, ni aucun engagement, pour renverser cette pandémie", a-t-il lancé.

Avec la relance de l’économie, le Covid-19 arrive tout en haut de l’agenda de la future administration, qui veut s’appuyer sur trois piliers : "Écouter la science, s’assurer que les décisions publiques de santé soient prises par des professionnels de la santé, et promouvoir la transparence et la confiance" au sein du gouvernement. Après les mots, les premières actions ont rapidement été prises. Joe Biden et Kamala Harris ont ainsi dévoilé ce lundi, une liste de 13 noms d’experts et scientifiques qui composeront un groupe de travail pour réfléchir au "plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021", jour de leur investiture.

Un trio à la tête de cette équipe

Vivek Murthy, fils d’immigrés indiens, diplômé de Harvard, nommé administrateur de la santé publique en 2014 par Barack Obama, avant que Donald Trump ne lui retire ses fonctions en 2017, sera la tête de pont de cette task force. "Nous avons besoin d’un leader, qui nous conseille de respecter la distanciation sociale et de porter des masques. Ce n’est pas comme une déclaration politique mais un devoir patriotique", avait lancé M. Murthy en août dernier, lors de la convention nationale des Démocrates, comme le rappelle Stat, média américain spécialisé dans le domaine de la santé. À ses côtés, les futurs locataires de la Maison-Blanche ont nommé David Kessler. Il retrouve ainsi Washington après avoir été pendant sept ans, sous les présidences de George. W. Bush et Bill Clinton, à la tête de l’administration en charge de la nourriture et des médicaments - une filiale du département de la Santé.

Enfin, Marcella Nunez-Smith, professeure de médecine et d’épidémiologie à l’université de Yale, rejoindra Murthy et Kessler pour former un trio à la tête de ce groupe de travail. Elle avait déjà conseillé Joe Biden lors de la campagne, et s’était en mai alarmée de l’impact du Covid-19 sur les personnes de couleur, lors d’une conférence virtuelle à New Haven, dans le Connecticut : "Que ce soit en Louisiane, à Chicago ou ici, les mêmes modèles se répètent. Les communautés noires ont été disproportionnellement touchées, de manière dévastatrice."

Une seconde vague virulente

Avec une moyenne de plus de 110 000 nouveaux cas par jour depuis une semaine, la pandémie semble de nouveau hors de contrôle aux États-Unis. Alors que Donald Trump n’a cessé de minimiser la dangerosité du virus, même après l’avoir lui-même attrapé, Joe Biden continue au contraire de chercher à se montrer sérieux et préventif. Sur le site BuildBackBetter (reconstruire en mieux), créé par son équipe de campagne pour organiser la transition, on trouve une liste de mesures pour lutter contre le Covid-19. Parmi elles, l’augmentation du nombre de tests via la mise en place d’un conseil de dépistage pandémique, sur le modèle de ce qu’avait instauré Roosevelt pendant la Seconde Guerre mondiale, la mise à disposition d’équipements de protection, un retour des États-Unis dans l’OMS, ou encore une demande aux gouverneurs d’État de rendre le masque obligatoire sous certaines conditions.

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