L’Otan prépare sa version 2030 pour "répondre à de nombreux défis et menaces"

Joe Biden est à Bruxelles.

L’Otan prépare sa version 2030 pour "répondre à de nombreux défis et menaces"
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Ph. P., avec Belga

Les chefs d’État et de gouvernement des trente pays membres de l’Otan, réunis en sommet ce lundi, à Bruxelles, en présence du président américain, Joe Biden, doivent approuver une série de mesures pour renforcer l’Alliance atlantique sur les plans politique et militaire, et l’adapter aux nouveaux défis de sécurité, a indiqué le secrétaire général de l’Organisation, Jens Stoltenberg. "Lors de notre sommet, nous ouvrirons un nouveau chapitre en approuvant l’initiative ‘Otan 2030’, un agenda ambitieux pour la sécurité et la défense", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse virtuelle.

"Nous nous accorderons sur davantage de consultations. Nous renforcerons notre défense collective, avec une posture militaire renforcée, un degré de préparation [des forces armées] accru et une réaffirmation des promesses faites en matière de dépenses de défense", a ajouté l’ancien Premier ministre norvégien, en se référant aux 2 % du PIB que les alliés s’étaient accordés, en 2014, à affecter aux budgets militaires.

De nouveaux efforts pour contrer de nouvelles menaces

Le secrétaire général de l’Otan a justifié ces efforts accrus par le fait que les alliés doivent "répondre simultanément à de nombreux défis et menaces" en cette ère de "concurrence mondiale", alors que la Russie et la Chine "repoussent l’ordre international fondé sur des règles" dans un contexte de menaces terroristes et de cyberattaques sophistiquées.

On se rappelle que les relations entre l’Otan et Washington avaient tourné à l’aigre sous la présidence de Donald Trump, qui reprochait aux autres pays membres de ne pas contribuer suffisamment à leur propre sécurité. On a même pu craindre un retrait des États-Unis de l’Alliance qu’ils avaient portée sur les fonts baptismaux en 1949. Joe Biden devrait signifier le retour à l’apaisement, même si les Américains n’ont pas renoncé à une meilleure répartition du fardeau financier.

Jens Stoltenberg a préparé, en début d’année, une série de propositions visant à transformer l’Otan à l’horizon 2030. Celles-ci prévoient, entre autres, un accroissement des "financements communs" pour des actions militaires collectives destinées à favoriser "la défense et la dissuasion". Le secrétaire général souhaite notamment déroger davantage à une règle fondamentale dans le fonctionnement de l’Alliance atlantique, le principe du "Costs lie where they fall", qui consiste à imputer les coûts d’une participation à une opération à chaque pays, en fonction de sa contribution.

Un mode de financement plus collectif

Le nouveau mode de financement, plus collectif, soutiendrait le déploiement de nos groupements tactiques (les quatre gros bataillons multinationaux qui se succèdent dans les pays baltes et en Pologne pour dissuader la Russie de toute intervention), les missions de police aérienne dans ces mêmes pays et en Roumanie, les déploiements des forces navales permanentes et les exercices, ainsi que la construction d’infrastructures.

Cette proposition se heurte, toutefois, à l’opposition de certains pays membres, France en tête, alors que d’autres alliés estiment qu’il faut d’abord définir les besoins avant de décider de l’affectation des fonds. M. Stoltenberg s’est dit malgré tout "confiant" que les alliés se montreront ambitieux, malgré la brièveté d’un sommet qui ne devrait pas durer plus de trois heures.

Bruxelles affiche, elle aussi, son optimisme en se drapant dans la couleur de l’Alliance. De l’hôtel de ville à la fontaine du rond-point Montgomery ou aux arcades du Cinquantenaire, le bleu est partout. Il n’est pas jusqu’au Manneken Pis qui n’enfilera, ce lundi, une tenue griffée Otan.

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