Nicaragua: cinq nouvelles arrestations d'opposants au gouvernement

Au total, 26 opposants - dont une demi-douzaine de candidats à la Présidence - sont détenus.

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AFP

Trois dirigeants d’un mouvement paysan, dont un candidat à l’élection présidentielle de novembre, et deux leaders étudiants ont été arrêtés au Nicaragua, ce qui porte à 26 le nombre d’opposants au gouvernement du président Daniel Ortega arrêtés depuis début juin. Les arrestations ont eu lieu lundi soir, a indiqué mardi la police dans un communiqué.

Parmi les trois dirigeants de l’organisation Mouvement paysan, figure Medardo Mairena, candidat à la Présidence du 7 novembre, et Pedro Mena. Les deux hommes ont été condamnés à 200 ans de prison pour "terrorisme" et d’autres délits, accusés d’être responsables de la mort de policiers pendant les manifestations anti-gouvernementales de 2018. Ils ont bénéficié d’une loi d’amnistie en juin 2019.

Deux dirigeants étudiants, Lester Aleman et Max Jérez, accusés par le pouvoir d’être les "meneurs" de l’occupation de deux universités lors des manifestations de 2018, ont également été arrêtés. Ils avaient également bénéficié de l’amnistie.

Les cinq militants sont notamment accusés d’"atteinte à l’indépendance et à la souveraineté" du pays et d’"incitation à l’ingérence étrangère", en vertu d’un nouvel arsenal législatif voté récemment par le Parlement, dominé par le parti du chef de l’État.

"Chaque jour s’éloigne la possibilité que le Nicaragua ait des élections libres, justes et équitables. Le harcèlement et la persécution contre les voix dissidentes ne cessent pas", a réagi Antonia Urrejola, présidente de la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH).

Des "criminels" qui cherchent à le renverser

Amnesty international a appelé à une "réponse plus énergique et coordonnée" de la communauté internationale que le gouvernement nicaraguayen "défie en violant toujours plus les droits humains".

Daniel Ortega, 75 ans, affirme que les opposants arrêtés ne sont ni des "candidats", ni des "politiques", mais des "criminels" qui cherchent à le renverser avec l’aide financière des États-Unis.

En 2018, le Nicaragua a été secoué par une contestation exigeant la démission de M. Ortega et de son épouse, accusés par leurs détracteurs d’avoir instauré une "dictature" marquée par la corruption et le népotisme. Une violente répression a fait 328 morts, des centaines d’opposants ont été emprisonnés, notamment à El Chipote, et plus de 100 000 Nicaraguayens se sont exilés.