Assassinat du Président haïtien : la communauté internationale condamne un "acte odieux", l'état de siège déclaré dans le pays

Le président a été assassiné chez lui dans la nuit de mardi à mercredi.

Le Premier ministre haïtien Claude Joseph a déclaré mercredi l'"état de siège" octroyant des pouvoirs renforcés à l'exécutif quelques heures après l'assassinat du président Jovenel Moïse.

"Dans la stricte application de l'article 149 de la Constitution, je viens de présider un conseil des ministres extraordinaire et nous avons décidé de déclarer l'état de siège sur tout le pays", a-t-il décrété lors d'un discours en créole, diffusé sur les réseaux sociaux.

"Ils ont tiré et tué le président et blessé sa femme", a déclaré le Premier ministre, assurant que cette mort "ne resterait pas impunie".

Claude Joseph a promis que "les auteurs, les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu'ils ont fait devant la justice".

"Ce sont la démocratie et la République qui doivent gagner. Les forces obscures vont perdre", a-t-il martelé.

Un commando de personnes armées "parlant anglais et espagnol" avait attaqué le Palais présidentiel mercredi vers 01H00 locale (05H00 GMT), tuant le président Jovenel Moïse et blessant la Première dame.

La communauté internationale condamne un acte "odieux"

La Maison Blanche a qualifié mercredi de "terrible" et de "tragique" l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, Washington se déclarant prêt à apporter de l'aide au pays en crise. Il s'agit "d'une attaque terrible, une attaque tragique, ayant ciblé le président d'Haïti et sa femme au cours de la nuit", a déclaré Jen Psaki, la porte-parole de l'exécutif. "Nous sommes prêts à assister sous n'importe quelle forme la population d'Haïti, le gouvernement d'Haïti, s'il y a une enquête", a-t-elle ajouté.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a dénoncé mercredi "l'acte odieux" que représente l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, appelant au calme.

Sur Twitter, le chef du gouvernement conservateur s'est dit "choqué et attristé par la mort du président Moïse". "C'est un acte odieux et j'appelle au calme", a-t-il ajouté, présentant ses condoléances à la famille de Jovenel Moïse et à la population haïtienne.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s'est dit "choqué" et préoccupé par le risque d'une "spirale de violence" dans le pays.

"Ce crime entraine un risque d'instabilité et d'une spirale de violence", a-t-il déclaré dans un message sur son compte Twitter.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est "profondément choqué", a déclaré son président en exercice, l'ambassadeur français Nicolas de Rivière, à l'ouverture des travaux de cette instance.

"Les membres du Conseil se disent profondément choqués par l'assassinat du président Moïse survenu plus tôt dans la journée à Port-au-Prince et préoccupés par le sort de la Première dame, Martine Moïse, qui a également été blessée par balles dans l'attentat", a-t-il dit, en évoquant aussi la "tristesse" du Conseil de sécurité.

La République dominicaine ordonne la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti

La République dominicaine a ordonné mercredi la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti, après l'assassinat du président Jovenel Moïse.

"Nous avons donné l'ordre de fermer immédiatement" la frontière qui sépare Haïti de la République dominicaine, sur l'île d'Hispaniola, a annoncé à l'AFP la porte-parole du ministère de la Défense, Ceinett Sanchez.

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