Pedro Castillo, le petit instituteur, est devenu le président péruvien

Candidat de la gauche, il promet des réformes en faveur des plus démunis.

Pedro Castillo, le petit instituteur, est devenu le président péruvien
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Pedro Castillo, un instituteur rural sorti de l'anonymat il y a quatre ans en prenant la tête d'une grève d'enseignants, est le premier président péruvien sans aucun lien avec les élites politiques, économiques et culturelles du pays.

Le syndicaliste de 51 ans, élu sous les couleurs de la gauche radicale, a été proclamé vainqueur le 19 juillet après un scrutin très serré face à son adversaire de la droite populiste, Keiko Fujimori.

Né dans un village de la région de Cajamarca (nord), où il a été enseignant dans une école rurale pendant 24 ans, M. Castillo est "le premier président pauvre du Pérou", a estimé auprès de l'AFP l'analyste Hugo Otero.

Ce père de trois enfants est catholique et sa femme est évangélique. Dans la cour d'entrée de leur maison dans le hameau de Chugur, trône une icône de Jésus-Christ avec la citation en anglais: "Dieu est mon berger".

Pedro Castillo a l'habitude de citer des passages de la Bible pour justifier son rejet de l'avortement, du mariage homosexuel et de l'euthanasie.

A côté de sa maison en briques à deux étages, M. Castillo possède une ferme d'un hectare où il cultive du maïs, des patates douces et des légumes. Il élève des poulets et des vaches.

Pedro Castillo a été élevé dans le hameau voisin de Puña, où il travaillait aux champs avec ses parents. Enfant, il devait marcher plusieurs kilomètres pour se rendre à l'école.

Durant toute la campagne présidentielle, il a souligné ses racines provinciales, portant en toutes circonstances le chapeau blanc traditionnel du nord du pays. Il est souvent arrivé à ses meetings à cheval.

Il s'était fait connaître en 2017 en prenant la tête d'une grève nationale des enseignants qui avait duré plus de deux mois pour réclamer de meilleurs salaires.

Il a annoncé pendant la campagne qu'en cas de victoire, il renoncerait à son salaire présidentiel et continuerait à vivre avec son salaire de l'Education nationale.

"Pas chaviste, pas communiste" 

Battant campagne avec comme symbole un crayon à papier géant pour rappeler son passé d'instituteur et l'importance qu'il veut accorder à l'éducation, il a su avec des messages simples convaincre des millions de Péruviens, en particulier dans les zones rurales.

Son programme repose sur le renforcement des secteurs de la santé, de l'éducation et de l'agriculture pour, dit-il, améliorer le sort des Péruviens les plus démunis.

"Qu'il n'y ait plus de pauvres dans un pays riche", n'a-t-il cessé de répéter pendant sa campagne.

M. Castillo est également en faveur d'une reprise du contrôle par l'Etat des richesses énergétiques et minérales du pays, telles le gaz, le lithium, le cuivre et l'or.

Son parti, Peru Libre se revendique du marxisme-léninisme. Il est aussi l'un des rares partis au Pérou qui défende le régime du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Depuis son élection, Pedro Castillo s'est employé à rassurer les Péruviens. "Nous ne sommes pas des chavistes, nous ne sommes pas des communistes, nous ne sommes pas des extrémistes", a-t-il déclaré, en référence aux pouvoirs en place à Caracas et La Havane.

"Nous allons respecter la propriété privée", a-t-il insisté face aux critiques qui l'ont accusé de vouloir mettre en place "un socialisme bolivarien" comme au Venezuela.

Il a promis un million d'emplois en un an, des investissements publics pour réactiver l'économie par le biais de projets d'infrastructures et de marchés publics auprès des petites entreprises. Il entend "freiner les importations qui affectent l'industrie nationale et la paysannerie".

Il a aussi promis de convoquer une Assemblée constituante pour rédiger une nouvelle Constitution, accusant l'actuelle de trop favoriser l'économie de marché.

Le président par intérim Francisco Sagasti (centre), auquel il succède, lui a toutefois recommandé d'évaluer si un tel projet, rejeté par la droite, se justifiait.

Parmi ses promesses de campagne les plus controversées, M. Castillo a dit vouloir expulser les étrangers qui commettent des crimes au Pérou. Il souhaite également réintroduire la peine de mort pour lutter contre l'insécurité.

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