Les Etats-Unis condamnent le harcèlement de journalistes en Chine

Les Etats-Unis sont "extrêmement préoccupés" par le harcèlement et l'intimidation dont sont victimes les journalistes étrangers couvrant notamment les inondations meurtrières en Chine, a indiqué jeudi le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.

Les Etats-Unis condamnent le harcèlement de journalistes en Chine
©AP

Ses remarques interviennent 24 heures après que Pékin a accusé la BBC de "fake news" dans la façon dont elle rendait compte des inondations la semaine dernière dans la province centrale du Henan, et alors que la télévision publique britannique a fait état de l'hostilité rencontrée par ses journalistes sur le terrain.

"Le gouvernement de la PRC (République populaire de Chine) affirme qu'il est ouvert à la presse étrangère et qu'il soutient son travail, mais ses actions racontent une autre histoire", a affirmé M. Price dans un communiqué.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, avait qualifié jeudi la BBC "d'entreprise audio-visuelle de +fake news+", coupable d'avoir attaqué la Chine et entaché sa réputation, en contradition sérieuse avec les règles du journalisme.

La BBC avait indiqué de son côté que ses journalistes couvrant ces inondations avaient été harcelés sur le terrain dans des "attaques qui continuent à mettre en danger les journalistes étrangers".

Couvrant ces événements, plusieurs reporters étrangers ont été pris à partie par certains habitants suspicieux voire hostiles, qui ont accusé les journalistes de vouloir présenter la Chine sous un mauvais jour.

Une équipe de l'AFP a été entourée par une vingtaine de personnes, certaines exigeant de supprimer des prises de vues.

Selon M. Zhao, les journalistes étrangers "profitent d'un environnement ouvert et libre pour exercer leur métier".

Mais selon des organisations de défense du droit à l'information, les conditions de travail des journalistes étrangers se dégradent face à l'hostilité rencontrée sur le terrain, où ils sont parfois suivis dans la rue, et sur les réseaux sociaux.

M. Price a réclamé dans son communiqué que les autorités chinoises ne réduisent pas la liberté de la presse à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver l'an prochain à Pékin.