Joe Biden dit "ne rien regretter": "Je défends fermement la décision du retrait américain d'Afghanistan"

Le président Biden prononçait un discours très attendu ce lundi soir concernant la situation en Afghanistan suite au retrait des troupes américaines.

Depuis la prise de la capitale afghane par les talibans ce dimanche soir, le silence du président des Etats-Unis était devenu de plus en plus pesant. Médias et politiciens américains n'ont pas manqué de pointer du doigt la gestion du conflit en Afghanistan par le locataire de la Maison-Blanche. Son allocution de ce lundi était donc particulièrement attendue.

En signant les accords de Doha en 2020, le président Trump a conclu un accord bilatéral assurant la sécurité des soldats alliés lors de leur retrait, sans regard pour la population afghane. Joe Biden a postposé de quelques mois ce retrait (qui devait initialement avoir lieu le 1er mai), sans s’assurer que les institutions du pays pourraient survivre à une offensive des talibans. Le retrait des derniers 2 500 soldats américains, plus celui des Européens, a donné le signal aux insurgés que la voie était libre.

"Nous sommes allés en Afghanistan il y a 20 ans avec des objectifs clairs : avoir ceux qui ont commis l'attaque du 11 septembre 2001 et être sûrs qu'Al Qaida ne puisse pas utiliser l'Afghanistan pour nous attaquer de nouveau", a débuté le président américain. "Nous l'avons fait".

Selon Joe Biden, l'objectif des Etats-Unis en Afghanistan n'a jamais été la "construction d'une nation". "Notre seule mission en Afghanistan a toujours été la même : empêcher une attaque terroriste sur le territoire américain".

Des actions anti-terroristes "si nécessaire"

Joe Biden n'a pas exclu de futures actions militaires en Afghanistan, si la situation le demande. "Nous conduisons des missions de contre-terrorisme dans de nombreux pays où nous n'avons pas de présence militaire. Si nécessaire, nous ferons la même chose en Afghanistan", a déclaré le président.

"Je défends fermement la décision du retrait américain d'Afghanistan", a ensuite affirmé Joe Biden. "Après 20 ans, j'ai appris à contre-coeur qu'il n'y avait jamais de bon moment pour retirer les forces américaines. C'est pourquoi nous sommes toujours là". Selon le président, l'administration américaine est au courant des risques, elle a planifié toutes les éventualités. "Mais j'ai toujours promis au peuple américain que je serais honnête avec lui. La vérité est que l'Afghanistan est tombée plus rapidement que prévu aux mains des talibans".

Le président estime que les Etats-Unis ont donné "toutes les options" à l'armée afghane pour déterminer leur futur. "Ce que nous ne pouvions pas leur fournir est la volonté de se battre pour leur pays". "Il n'y a aucune chance que la présence de l'armée américaine pendant 1 an, 5 ans ou 20 ans ne change quoi que ce soit", a-t-il ajouté.

Joe Biden a assuré que les Etats-Unis continueront de soutenir le peuple afghan par la voie de la diplomatie. Les Etats-Unis s'engageront pour "les femmes et les jeunes filles", a-t-il promis. "Je vais être clair, les droits de l'Homme doivent être le centre de notre politique étrangère, pas la périphérie".

Le locataire de la Maison Blanche a également mis les talibans en garde. "Nous avons été très clairs avec eux. S'ils attaquent notre personnel ou dérangent nos opérations d'évacuation, la réponse américaine sera rapide et puissante", a averti Joe Biden, promettant de défendre les ressortissants américains avec un usage "dévastateur de la force si nécessaire".

"Notre mission est à présent de ramener nos compatriotes en sécurité le plus rapidement possible. Une fois que nous aurons rempli cette mission, nous clôturerons la plus longue guerre américaine après 20 ans", a-t-il conclu. "Je suis le quatrième président américain à diriger une guerre en Afghanistan. Je ne passerai pas cette responsabilité à un cinquième président".

Sitôt son allocution achevée, Joe Biden a repris le chemin vers Camp David, le lieu de villégiature des présidents américains situé non loin de la capitale fédérale.

Sur le même sujet