A New York, des habitants sous le choc après des inondations soudaines et historiques

Des caves inondées, des transports en commun encore bloqués et un bilan dramatique d'au moins neuf morts: les New-Yorkais sont sous le choc jeudi face aux dégâts d'une nuit de pluies torrentielles qui ont surpris et paralysé la mégapole américaine après le passage du cyclone post-tropical Ida.

Des caves inondées, des transports en commun encore bloqués et un bilan dramatique d'au moins 17 morts: les New-Yorkais sont sous le choc jeudi face aux dégâts d'une nuit de pluies torrentielles qui ont surpris et paralysé la mégapole américaine après le passage du cyclone post-tropical Ida.

Sur Riverside Drive, une longue artère de Manhattan qui longe le fleuve Hudson, Jonas Sigle n'en croit pas ses yeux: sa voiture est sous un arbre.

"Ma voiture est écrasée! Elle est détruite. Un arbre de dix tonnes est tombé sur ma voiture", s'exclame-t-il, dans un éclat de rire nerveux.

Aux quatre coins de la ville de huit millions d'habitants entourée d'eau, des habitants se sont réveillés avec leurs caves inondées et parfois des morceaux d'arbres couchés dans leur rue, sous un ciel redevenu bleu et ensoleillé. La veille au soir, des trombes de pluie se sont brusquement abattus à partir de 20H00 (00H00 GMT) sur la capitale culturelle et économique américaine, engloutissant les rues et rendant le trafic automobile impossible.

"J'ai 50 ans et je n'ai jamais vu autant de pluie. Jamais. C'était comme vivre dans une jungle tropicale", lance Metodija Mihajlov, propriétaire d'un restaurant dans le quartier de l'Upper West Side, sur l'île de Manhattan.

"Changement climatique"

"Notre sous-sol a été inondé parce que les égoûts de la ville ne peuvent pas suivre avec autant d'eau. Heureusement, rien n'a été endommagé", ajoute ce restaurateur de 50 ans, qui a fermé son établissement et "coupé l'électricité" dès que la pluie s'est intensifiée, mercredi soir.

De l'autre côté de l'East River, dans le quartier Gowanus de Brooklyn, parcouru de canaux, Eduardo Villarte mesure aussi, silencieux, les dégâts dans la cave de sa petite fabrique de bougies, dont il essaie de vider l'eau dans la rue à l'aide d'un tuyau.

Plus loin, Rebecca Stronger, qui tient une clinique vétérinaire à Gowanus, explique n'être même plus surprise. "Ce quartier a une longue histoire avec les inondations (...) Mais cette fois, l'eau est montée dans la cave et au rez-de-chaussée (...) et avec le changement climatique, cela arrivera encore de nombreuses fois", soupire-t-elle.

Mercredi soir, des rues, avenues et voies rapides ont été soudainement transformées en torrents, tant à Brooklyn ou dans le Queens que dans le comté de Westchester, au nord de la ville. Dans ce comté huppé de bord de mer, des dizaines de véhicules étaient encore immergés au petit matin, et des maisons aux sous-sols aménagés étaient dévastées par les eaux saumâtres et boueuses, montant parfois jusqu'à 60 cm.

Malgré les messages de prévention des autorités dans la soirée, des familles se sont retrouvées tragiquement piégées chez elles par les eaux. Selon le dernier bilan des responsables officiels, au moins 13 personnes auraient perdu la vie. Des médias américains avançant un bilan de 22 décès. Le maire de la mégapole américaine Bill de Blasio a annoncé lors d'un point presse que "neuf New Yorkais" avaient perdu la vie dans la nuit, tandis que la mairie de la ville d'Elizabeth, dans le New Jersey voisin, a indiqué à l'AFP que quatre personnes étaient décédées dans ces inondations historiques dues aux restes de l'ouragan Ida. Un couple de septuagénaires, leur fils et un voisin, morts dans le même immeuble de la ville.

Jeudi matin, des stations du métro, paralysé toute la nuit, rouvraient progressivement. Mais à la station Nostrand Avenue, à Brooklyn, la foule rebroussait le plus souvent son chemin en entendant que le trafic restait encore très perturbé.