"Il a menti du début à la fin": le discours de Bolsonaro à l'ONU critiqué pour ses nombreuses erreurs et imprécisions

Le discours du président brésilien Jair Bolsonaro mardi à l'Assemblée générale de l'ONU était émaillé de nombreuses erreurs et imprécisions relevées par l'équipe de fact-checking de l'AFP.

"Il a menti du début à la fin": le discours de Bolsonaro à l'ONU critiqué pour ses nombreuses erreurs et imprécisions
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AFP

Le discours du président brésilien Jair Bolsonaro mardi à l'Assemblée générale de l'ONU était émaillé de nombreuses erreurs et imprécisions relevées par l'équipe de fact-checking de l'AFP.

Au début de ce discours de 12 minutes, le dirigeant d'extrême droite a promis de décrire "un Brésil différent de ce que montrent les journaux et télévisions".

Mais pour le sénateur Renan Calheiros, rapporteur de la commission d'enquête parlementaire qui se penche sur la gestion de la pandémie de covid, Jair Bolsonaro "a menti du début à la fin, on aurait dit qu'il parlait d'un autre pays".

Crise du Covid

"J'ai toujours dit que le virus et le chômage devaient être combattus de façon simultanée".

Jair Bolsonaro a pourtant longtemps minimisé la pandémie, qu'il a qualifiée de "grippette", remettant en cause les mesures de restriction prises localement par les gouverneurs des différents Etats, au nom de la préservation de l'emploi.

Quand le président brésilien a assuré mardi que son gouvernement avait "soutenu la vaccination", il omet ses innombrables critiques envers les vaccins. Il avait affirmé décembre que celui de Pfizer pourrait "transformer (les gens) en crocodile".

Il a aussi assuré qu'il serait "le dernier Brésilien" à se faire administrer un vaccin anti-Covid.

M. Bolsonaro s'est aussi dit "favorable à l'indépendance des médecins qui cherchent un traitement préventif", alors que de nombreuses études scientifiques ont montré que ces traitements étaient inefficaces contre le Covid-19.

Déforestation

"En Amazonie, la déforestation a diminué de 32% en août" dernier, par rapport au même mois de 2020.

Cette affirmation est exacte, mais trompeuse, car le président brésilien omet que la déforestation avait battu des records lors des premiers mois de l'année. Il s'agit donc d'une baisse significative, mais isolée.

Si l'on prend en compte les données de l'Institut de Recherches Spatiales (INPE) sur les huit premiers mois de l'année, la surface déboisée est quasi équivalente en 2020 et en 2021 (6.098 km2 de janvier à août de l'an dernier, contre 5.944 km2 sur la même période cette année).

Et la déforestation comme les feux de forêt en Amazonie ont fortement d'augmenté depuis l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, avec notamment 9.178 km2 déboisés en 2019, la première année de son mandat, plus que sur les deux années précédentes cumulées.

Corruption

"Cela fait deux ans et huit mois qu'il n'y a aucun cas concret de corruption".

Aucun membre du gouvernement Bolsonaro n'a encore été condamné pour corruption, mais la commission d'enquête du Sénat se penche sur des soupçons de surfacturation dans l'achat de vaccins anticovid.

La Cour suprême a ordonné une enquête contre le président lui-même, pour "prévarication", à savoir qu'il aurait fermé les yeux sur ces accusations de corruption quand elles lui avaient été rapportées par un député.

Son ex-ministre de l'Environnement, Ricardo Salles, est aussi ciblé par une enquête pour son implication présumée dans un réseau d'exportation illégale de bois d'Amazonie.

Manifestations du 7 septembre

Pour Jair Bolsonaro, les manifestations en son soutien du 7 septembre dernier étaient "les plus grandes de l'histoire" du Brésil.

Même si aucun décompte officiel n'a été fait au niveau national, le cortège de Sao Paulo, le plus important du pays, n'a réuni que 125.000 personnes selon la police locale, contre 1,4 million lors d'une manifestation réclamant la destitution de l'ex-présidente de gauche Dilma Rousseff en mars 2016.

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