Le Congrès américain repousse le vote sur le gigantesque plan social de Biden, un revers pour le président

Le Congrès ne votera pas vendredi sur le gigantesque plan social et climatique de Joe Biden, contrairement aux attentes, a annoncé la présidente démocrate de la Chambre des représentants, un revers pour le président américain.

Le Congrès américain repousse le vote sur le gigantesque plan social de Biden, un revers pour le président
©AFP

Malgré des semaines de négociations, le Congrès américain a refusé vendredi de se prononcer sur le gigantesque plan social et climatique de Joe Biden, quitte à priver le président d'une victoire dont il a désespérément besoin.

Les démocrates espèrent toutefois sauver les meubles en arrachant un vote dans la soirée sur un grand projet d'investissements dans les infrastructures. Le programme social, lui, devrait être soumis au verdict des élus d'ici la fin novembre.

La Chambre américaine des représentants s'était réunie dans la matinée avec un objectif clair: valider enfin les plans de Joe Biden, 3.000 milliards de dépenses grâce auxquelles il promet de transformer l'Amérique.

Dont un très volumineux volet social, prévoyant notamment l'école maternelle pour tous, une profonde amélioration de la couverture maladie et des investissements significatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre -- une profonde redéfinition de l'Etat providence aux Etats-Unis.

Mais ce projet fait l'objet de tractations très difficiles au sein du parti démocrate, notamment entre l'aile gauche et le camp modéré, et son coût total a déjà été divisé par deux, raboté à 1.750 milliards de dollars.

"Un défi"

Toute la journée, la présidente démocrate de la Chambre des représentants a tenté de mettre ses troupes en ordre de marche, et de susciter de l'enthousiasme pour les projets du président.

"Le programme que nous mettons en avant est novateur, historique, et c'est ce qui en fait un défi", avait-elle déclaré dans une lettre aux démocrates, comme pour expliquer ces querelles intestines entre élus du parti.

Mais des négociations de dernière minute -- des élus modérés exigeant des précisions de chiffrage sur ces dépenses coûteuses -- ont fini par paralyser le processus et contraint les chefs au Congrès à repousser, une fois encore, la tenue d'un vote.

Il est désormais attendu "avant la fête de Thanksgiving" selon Nancy Pelosi, soit avant le 25 novembre.

Maigre consolation pour le président, cette figure chevronnée de la politique a tout de même dit "espérer" un vote à la Chambre ce soir sur l'autre grand plan d'investissements de Joe Biden, une enveloppe de 1.200 milliards de dollars pour réparer les infrastructures vétustes du pays, investir dans l'internet haut débit et le parc américain de voitures électriques.

Ce projet colossal d'investissements a déjà été approuvé au Sénat mi-août, soutenu par des élus des deux partis. Son passage à la Chambre marquerait une victoire (en demi-teinte) pour Joe Biden, qui n'aurait plus qu'à ratifier le texte.

Le président, confronté à une cote de popularité qui dégringole et affaibli par une défaite retentissante à une élection locale en Virginie cette semaine, a grandement besoin de ce succès.

Mais l'aile progressiste du parti démocrate a prévenu à de maintes reprises qu'elle ne soutiendrait pas ce texte sans une garantie du passage du volet social et climatique de Joe Biden.

Dans les mains de Manchin

Déplacements de Biden au Capitole, petits-déjeuners avec des élus... La Maison Blanche s'évertue par tous les moyens à grappiller des soutiens.

Car l'exécutif américain le répète à l'envi: les programmes de dépenses du président sont très populaires auprès des Américains, selon les sondages. Or les démocrates remettront en jeu dans un an leur étroite majorité au Congrès lors d'élections parlementaires de mi-mandat, toujours périlleuses pour les présidents en place.

Mais Joe Biden, qui a vanté durant la campagne présidentielle ses talents de négociateur du fait de sa longue carrière de sénateur, bute sur ces querelles intestines.

Et le président n'est pas au bout de ses peines.

Après avoir enfin obtenu le feu vert des élus à la Chambre, son grand volet social devra encore être approuvé au Sénat, où il risque d'être significativement retouché.

Son sort est plus particulièrement entre les mains d'un élu de Virginie-Occidentale, le sénateur Joe Manchin, qui dit craindre que le plan ne creuse davantage la dette publique et n'alimente l'inflation.

Au vu de la très fine majorité démocrate au Sénat, il possède virtuellement un droit de veto sur le projet.

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