Une journaliste écartée après avoir affirmé à tort que les vaccins contenaient un dispositif de suivi lié au diable

Le compte Twitter de la journaliste américaine a été brièvement suspendu.

Une journaliste écartée après avoir affirmé à tort que les vaccins contenaient un dispositif de suivi lié au diable
©Capture d'écran,
A. Dms

Emerald Robinson, la correspondante à la Maison Blanche pour le média conservateur américain Newsmax, a tenu des propos bien étranges lundi soir. La journaliste a réagi à la publication d'un autre utilisateur de Twitter, affirmant que le vaccin Moderna contenait de la luciférase. Selon la définition Wikipedia, que l'auteur du tweet avait ajoutée, le nom de cette enzyme est dérivé du mot latin lucifer, ce qui signifie "porteur de lumière".

"Chers chrétiens : les vaccins contiennent un marqueur bioluminescent appelé LUCIFERASE afin que vous puissiez être suivis", a alors tweeté la journaliste conservatrice. Rien que ça. "Lisez le dernier livre du Nouveau Testament pour voir comment cela se termine", a-t-elle ensuite ajouté, faisant référence au livre de l'Apocalypse.

Les propos totalement aberrants d'Emerald Robinson ont rapidement été retirés du réseau social, laissant place à un message signalant que le tweet violait les règles de Twitter. Le compte de la journaliste a également été suspendu brièvement.

La chaîne d'information Newsmax a également pris la décision d'écarter la journaliste. "Newsmax examine actuellement les publications et, pendant cette période, Mme Robinson ne sera pas à l'antenne mais continuera d'assumer ses fonctions pour le réseau ", a déclaré le média dans un communiqué. La chaîne s'est également distancée des propos de la journaliste, assurant qu'elle "ne croit pas que les vaccins contiennent des matériaux toxiques ou des marqueurs de suivi".

Adepte des fake news et autres théories du complot

La journaliste d'extrême droite, qui est contre l'avortement et assure "ne pas vouloir une société multiculturelle" mais bien une "société chrétienne", n'en était pas à son coup d'essai. Elle avait déjà diffusé de fausses informations auparavant. Elle écrivait par exemple, en septembre, que certains vaccins contre le coronavirus "réécrivaient l'ADN". Elle avait également conseillé aux personnes souhaitant éviter de "prendre la marque de la bête" de ne pas se procurer "quoi que ce soit qui injecte de la luciférase" dans leurs corps.

La chaîne sur laquelle la journaliste officie a également déjà été accusée de publier de fausses informations. Après l'élection présidentielle américaine de 2020, Newsmax avait fait écho des propos de Donald Trump, assurant qu'il y avait eu de la fraude lors du scrutin. La chaîne avait par la suite présenté des excuses et s'était publiquement rétractée.

Qu'est-ce que la luciférase ?

Pourquoi la journaliste évoque-t-elle la luciférase et quel rapport a cette enzyme avec les vaccins contre le coronavirus ? Plusieurs théories circulent en effet dans les milieux complotistes, assurant que le vaccin Moderna contient de la luciférase. C'est totalement faux : ni le vaccin de Moderna, ni ceux de Pfizer, AstraZeneca ou Johnson&Johnson ne contienne cette enzyme. Leurs ingrédients sont détaillés dans les documents de l'Agence Européenne des Médicaments.

Cependant, la luciférase avait bel et bien été utilisée par les chercheurs au cours du développement des tests et de traitements potentiels, comme c'était le cas au département de médecine de l'Université du Texas. La présence de l'enzyme permettait aux chercheurs de mieux voir comment le virus interagissait avec les cellules.

Enfin, rappelons que l'enzyme n'a aucun rapport avec Satan ou le diable : son nom, comme l'indique Wikipedia, fait référence au terme latin pour la lumière. Ou comme le dit plus simplement la virologue américaine Angela Rasmussen, "la luciférase est une enzyme naturelle qui fait briller le derrière des lucioles".

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