Une université anti-woke voit le jour aux Etats-Unis: "Il y a trop de censure dans les établissements américains"

Il s'agit de la première université anti-woke du monde.

Une université anti-woke voit le jour aux Etats-Unis: "Il y a trop de censure dans les établissements américains"
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J.F.

Lassé par "la censure qui prévaut dans les universités les plus prestigieuses d'Amérique", un groupe d'universitaires et d'activistes ont décidé de fonder un nouvel établissement supérieur: l'Université privée d'Austin (Texas). Celle-ci aura pour but de lutter contre la culture woke, explique le New York Times.

Mais qu'est-ce que la culture "woke"? Ce mouvement, né ces dernières années dans les campus américains, peut être assimilé à un "éveil face à l'injustice". En résumé, une personne "woke" veut dénoncer et combattre toutes les inégalités et injustices subies par les minorités sexuelles, ethniques ou religieuses. Au fil du temps, le terme "woke" a toutefois pris une tournure péjorative et a été utilisé pour dénigrer les idées progressistes. Les détracteurs de l'idéologie "woke" craignent entre autres un effacement de certains pans de la culture au nom du politiquement correct, ainsi qu'une réduction de la liberté d'expression.

C'est d'ailleurs exactement ce que les fondateurs de cette nouvelle université dénoncent. Selon eux, "les gens s'autocensurent et n'ont pas le genre de discussions vives qui étaient auparavant la marque de l'enseignement supérieur". "Tant de choses sont brisées en Amérique", disent-ils, "mais l'enseignement supérieur pourrait être l'institution la plus fracturée de toutes". Ils le promettent, leur nouvelle université offrira "des discussions animées sur les questions les plus provocatrices qui conduisent souvent à la censure dans de nombreuses universités." Notamment via leur programme d'été appelé "cours interdits".

Pour l'instant, l'université ne dispense pas encore de diplôme mais, petit à petit, elle compte bien s'organiser pour proposer ses premiers programmes dans son futur campus physique, qui sera implanté à Austin.

Une annonce qui fait polémique

Si la nouvelle école ne plait pas à tout le monde, elle est tout de même parvenue à récolter 10 millions de dollars en à peine 6 semaines, soit la somme qu'il lui fallait pour se lancer. Il faut dire que plusieurs personnalités y participent. Son président est Pano Kanelos, l'ancien président du St John's College d'Annapolis, qui a eu l'idée en parlant avec Bari Weiss, une ancienne journaliste du New York Times qui avait démissionné avec fracas après avoir accusé le journal de "céder aux critiques de Twitter". D'autres personnalités anti-woke sont également de la partie. Notamment Kathleen Stock, une ancienne professeure de l'université de Sussex, qui avait été poussée à la démission par des étudiants après avoir déclaré que "l'affirmation selon laquelle les femmes trans sont des femmes est une fiction".

Tous ensemble, ces hommes et femmes de tout bord politique déclarent vouloir offrir un enseignement moins coûteux que les autres universités (30.000 dollars par an), où les étudiants seront libres de construire et partager leur opinion. Mais, pour certains, ces gens se plaignent de ne "plus pouvoir rien dire" alors qu'ils bénéficient toujours de tribunes où s'exprimer.

Entre ceux qui sont convaincus que la nouvelle université "pourrait réveiller un nouvel apprentissage" et ceux qui pensent qu'elle ne fera que propager des idées conservatrices et "dépassées", le débat promet en tout cas d'être enflammé...

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