Qui est Bill Richardson, cet Indiana Jones de la diplomatie américaine qui refait parler de lui aujourd'hui?

Saddam Hussein, Fidel Castro, Kim Jong-il, Nicolas Maduro… Depuis près de 30 ans, le bouillonnant émissaire multiplie les médiations privées auprès des pires ennemis de Washington.

Bill Richardson
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AFP

Il a été ambassadeur, ministre et gouverneur. Mais depuis qu’il est redevenu un simple citoyen américain, Bill Richardson se consacre à son rôle d’émissaire à son propre compte, spécialiste des missions délicates pour obtenir la libération de ses compatriotes détenus par "des régimes hostiles".

Dernier fait d’armes, le jour de son 74e anniversaire : il a contribué à la libération du journaliste américain Danny Fenster en Birmanie, gracié et expulsé lundi par la junte militaire après six mois de prison.

Dans un communiqué, il met en avant son rôle, avec notamment "des négociations en tête-à-tête avec le général Min Aung Hlaing", chef de la junte birmane visé par des sanctions de Washington pour son coup d'État de février.

En privé, des responsables américains s’étaient montrés agacés, comme par le passé, par l’activisme de cette ancienne figure du Parti démocrate, redoutant qu’il vienne parasiter les efforts officiels.

Né le 15 novembre 1947, Bill Richardson peut se prévaloir d’un CV impressionnant : parlementaire, ambassadeur à l’Onu puis secrétaire à l’Énergie sous la présidence de Bill Clinton à la fin des années 1990, gouverneur, puis premier Hispanique à concourir pour la Maison-Blanche lors d’une candidature éphémère à la primaire démocrate en 2007.

En parallèle de sa carrière politique institutionnelle, Bill Richardson s’est également taillé une réputation de baroudeur, parfois surnommé l’Indiana Jones de la diplomatie américaine pour ses missions officieuses auprès des bêtes noires des États-Unis.

Saddam Hussein en Irak, Fidel Castro à Cuba, Kim Jong-il en Corée du Nord, Nicolas Maduro au Venezuela… Depuis près de 30 ans, le bouillonnant émissaire multiplie les médiations privées auprès des pires ennemis de Washington.

Mission "numéro un", selon le site internet du Richardson Center, l’organisation à son nom qu’il a créée, "négocier la libération de prisonniers et otages détenus par des régimes hostiles".

"Je ne suis pas un gouvernement. Je ne légitime pas des gouvernements, se justifie-t-il. Je suis juste une personne qui tente de changer les choses."