Les étudiants d'Harvard ne sont pas forcément les plus méritants

D'autres critères que le mérite rentrent en ligne de compte.

Les étudiants d'Harvard ne sont pas forcément les plus méritants
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Cette année encore, et pour la 19ème consécutive, Harvard (Etats-Unis) a été élue meilleure université du mondepar le classement de Shanghai. Or, selon une chronique du Guardian, qui se base sur une étude publiée début novembre, "il ne faut pas être si intelligent que ça pour y rentrer".

Le travail de trois chercheurs (validé par leurs pairs) a mis en avant le fait que beaucoup d'admissions ne se jouent pas au mérite. Parmi les étudiants blancs admis, 43% sont soit des athlètes, des étudiants dont les parents ont été à Harvard avant eux, des jeunes figurant sur "la liste du doyen" - c'est-à-dire dont les parents ont fait un don conséquent à l'école- ou des enfants des employés de l'Université. Toujours selon l'étude, trois quarts de ces étudiants-là auraient été rejetés si leur admission s'était jouée au mérite, sur base de leurs notes ou de leur engagement scolaire.

Un système qui favorise les blancs issus de familles riches

Le problème est que ces différents critères, dont les recruteurs tiennent compte au moment de la validation d'une candidature, ont tendance à favoriser les étudiants blancs issus de familles riches. En effet, certains sports coûtent tellement chers qu'ils sont réservés à une élite. De même, faire passer en priorité les étudiants dont les parents ont été à Harvard favorise les Blancs puisque "les établissements de l'Ivy League -qui regroupent huit établissements d'excellence- étaient majoritairement blancs", peut-on lire sur Quartz. "Accorder un statut spécial aux descendants des anciens étudiants semblerait perpétuer une histoire injuste de discrimination".

Parmi les étudiants ayant intégré l'université grâce à leurs compétences sportives, leurs relations ou leurs parents, seuls 16% étaient Afro-Américains ou Américains d'origine hispanique ou asiatique.

Vers un système plus égalitaire

Précisons qu'Harvard n'est pas la seule université d'élite à examiner d'autres critères que le mérite au moment des inscriptions. Le scandale des universités américaines de 2019 le prouve. Pour rappel, cette année-là, il a été révélé que des familles très riches avaient resquillé pour faire entrer leurs enfants à l'université. En tout, 50 personnes ont été condamnées, dont les actrices Lori Loughlin et Felicity Huffman. Les deux femmes n'avaient pas hésité à payer les services d'une entreprise pour trafiquer les raisons d'admission ou les résultats de leur enfant. À l'époque, certaines personnes étaient en effet passées maîtres dans l'art de trouver une "porte dérobée" pour permettre l'inscription d'enfants riches. Et elles facturaient leurs services au prix fort.

Après le scandale, des universités américaines ont décidé de devenir plus transparentes. C'est le cas d'Harvard qui rendu publiques les données ayant permis la réalisation de l'étude citée dans l'article. Si Harvard est consciente que la moitié de ses étudiants est issue des 10% les plus riches de la population, elle a travaillé ces dernières années à introduire plus de diversité. Mais le chemin est encore long avant d'arriver à un système plus égalitaire.