Le Congrès américain se démène pour éviter une paralysie de l'Etat fédéral

L'obligation vaccinale imposée aux grandes entreprises par le gouvernement Biden faisait dérailler jeudi les tentatives du Congrès américain d'adopter un nouveau budget, au point de provoquer une possible paralysie de l'administration fédérale ce week-end, le fameux "shutdown".

Le Congrès américain se démène pour éviter une paralysie de l'Etat fédéral
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AFP

Le Congrès se démenait jeudi pour éviter une paralysie des services publics américains ce week-end, le fameux "shutdown" que des élus républicains menacent de provoquer afin de protester contre les obligations vaccinales du gouvernement Biden.

Les parlementaires n'ont plus qu'un jour et demi pour s'entendre sur une nouvelle loi de finances s'ils veulent éviter l'assèchement soudain des ressources de l'Etat fédéral qui forcerait des centaines de milliers d'employés au chômage technique.

Ministères mais aussi parcs nationaux, certains musées et une multitude d'organismes seraient touchés. Le "shutdown" de l'hiver 2018, le plus long en date, avait notamment affecté le contrôle des bagages dans les aéroports, une pagaille dont l'immense majorité des élus du Congrès ne veulent pas avant les fêtes.

"Tellement stupide"

Les parlementaires ont réussi à s'entendre pour voter sur un texte qui prolongerait le budget actuel du gouvernement jusqu'au 18 février. Fruit de longues tractations, il comprend notamment 7 milliards de dollars pour revenir en aide aux réfugiés afghans.

Mais une poignée de parlementaires républicains, la plupart très proches de Donald Trump, refusent pour l'instant de le soutenir, arguant qu'il contribuerait à financer la mise en place des obligations vaccinales dans le pays, auxquelles ils s'opposent.

Ils font référence au décret signé par le président Biden, qui oblige les employés des entreprises de plus de 100 personnes à se faire vacciner, une directive contestée en justice.

"Il est tellement stupide que des gens opposés à la science, à la vaccination, disent qu'ils vont bloquer l'Etat fédéral à cause de ça", a fustigé la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

Elle a fait savoir que la chambre basse voterait jeudi après-midi sur ce budget que l'administration Biden a exhorté les élus à adopter sans attendre.

Mais le scénario d'un "shutdown", ne serait-ce que pour quelques jours, reste encore très réel.

Car après avoir été adopté à la Chambre, le texte doit passer par l'étape du Sénat avant d'être signé par le président Biden. Or une seule défection au sein de cette instance pourrait significativement retarder le déroulé du vote.

"Il semblerait que des dysfonctionnements chez les républicains" puissent entraîner une paralysie "inutile et dangereuse" du gouvernement américain, a déploré jeudi matin le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Il est certes très courant que des accords de toute dernière minute, au milieu de la nuit, soient trouvés sur des budgets temporaires. Mais la situation était assez incertaine pour que plusieurs économistes commencent à chiffrer le prix de ce blocage éventuel, l'évaluant à quelques milliards de dollars par semaine.

Dette, armée, maternelle

L'urgence est double car les parlementaires doivent en parallèle s'atteler avant les fêtes à un cahier des charges tout aussi crucial.

En plus de cette loi de finances, les élus sont censés adopter un budget distinct consacré à la défense. Sur ce dossier, un consensus est encore loin d'être trouvé.

Plus urgent encore, ils ont jusqu'au 15 décembre pour relever la capacité d'endettement des Etats-Unis s'ils veulent éviter le premier défaut souverain de la plus grande puissance économique mondiale.

Sans quoi l'Amérique pourrait se trouver à court d'argent et dans l'incapacité d'honorer ses paiements, une situation potentiellement catastrophique que les grandes puissances à travers le monde surveillent de près.

Si le Congrès parvient à se débarrasser de ces chantiers à temps, il pourra enfin se prononcer sur le gigantesque volet d'investissements sociaux et écologiques voulus par Joe Biden, ce que la Maison Blanche attend avec impatience.

Ce projet de 1.750 milliards de dollars, qui prévoit entre autres la maternelle gratuite pour tous et de copieux financements pour réduire les émissions américaines de gaz à effet de serre, est bloqué depuis des mois dans les limbes du Parlement américain.

Or Joe Biden compte désespérément sur ces mesures, très populaires auprès des Américains selon les sondages, pour relancer sa présidence.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat s'est engagé à ce que ce texte soit adopté avant Noël. Ce scénario, comme tant d'autres au Congrès, reste très incertain.

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