La production de la nouvelle bombe nucléaire américaine a débuté

L'Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA) américaine a terminé "avec succès" la première unité de production (FPU) du programme de prolongation de la durée de vie de la bombe atomique B61-12, appelée notamment à remplacer les engins actuellement déployés en Europe, a annoncé le département de l'Energie.

La production de la nouvelle bombe nucléaire américaine a débuté
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Belga

Le programme B61-12 LEP (pour "Life Extension Program"), lancé en février 2012, doit permettre de moderniser les composants nucléaires et non-nucléaires pour prolonger d'une vingtaine d'années la vie de l'actuelle bombe à gravité en améliorant sa "sécurité" et sa "fiabilité".

Elle doit remplacer les actuelles B61-3, -4 et -7, dont certaines sont en service depuis 1968, tout en ayant subi des modifications. La puissance de chaque bombe peut-être réglée pour aller de 0,3 à 360 kilotonnes, soit l'équivalent de 360.000 tonnes de TNT.

"La B61-12 LEP aide à moderniser le stock d'armes nucléaires des Etats-Unis et à maintenir la capacité de dissuasion nucléaire délivrée par air de la nation (américaine). La NNSA a, en étroite coordination avec l'US Air Force, travaillé pour livrer cette première unité de production de la B61-12 après plus de neuf ans de conception, de développement, de qualification et de production de composants", a précisé le département de l'Énergie (DoE) dans un communiqué publié jeudi dernier.

La livraison de cette PFU date du 23 novembre dernier. La NNSA compte lancer la production de la bombe à grande échelle en mai 2022 et la terminer au cours de l'année fiscale 2026 - qui débutera le 1er octobre précédent.

"Avec ce programme, nous livrons au département (ministère américain) de la Défense un système qui améliore la précision et réduit la puissance (de la charge atomique) sans changement des caractéristiques militaires, tout en améliorant également la sûreté, la sécurité et la fiabilité", a assuré la sous-secrétaire à la Sécurité nucléaire et administratrice de la NNSA, Jill Hruby, citée par le communiqué.

"Les travaux sur la B61-12 garantiront également que l'ogive peut être livrée par voie aérienne par les plates-formes actuelles et futures pour répondre aux exigences" du Pentagone, a-t-elle ajouté, sans citer explicitement le nouvel avion de combat F-35A.

Cinq pays européens - la Belgique, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Turquie - abritent, selon des experts, quelque 180 de ces engins, sur des bases équipées de chasseurs-bombardiers à double capacité (conventionnelle et nucléaire), comme des F-16 ou des Tornado.

La base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg) est présumée accueillir entre une dizaine et une vingtaine de ces bombes à gravité pouvant être mises en oeuvre par les F-16 du 10e wing tactique et un détachement américain, le 701st Munitions Support Squadron (701 MUNSS).

Cette présence n'a officiellement jamais été ni formellement confirmée ni démentie par les ministres compétents (Premier ministre, Affaires étrangères et Défense). L'un des seuls responsables politiques à avoir battu ce "ni-ni" en brèche est l'ancien ministre de la Défense, Guy Coëme (PS), qui avait reconnu le 13 décembre 1988 que des armes nucléaires se trouvaient sur la base limbourgeoise.