Yale, Georgetown... Plusieurs grandes universités américaines pointées du doigt pour avoir limité les aides étudiantes

Le procès promet de faire parler de lui.

Yale, Georgetown... Plusieurs grandes universités américaines pointées du doigt pour avoir limité les aides étudiantes
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J.F.

Seize grandes universités américaines sont poursuivies en justice pour avoir violé les règles anti-trust et s'être entendues pour limiter les aides étudiantes, explique le Wall Street Journal.

A la base de l'action en justice intentée ce dimanche devant le tribunal fédéral de l'Illinois, cinq anciens étudiants ayant fréquenté certains de ces établissements. Selon eux, les universités en question ont collaboré afin de s'entendre sur les prix et limiter les aides étudiantes qu'elles devaient débourser. Précisons que les universités américaines ont le droit de se concerter pour établir les formules de calculs, à condition qu'elles ne prennent pas en compte les besoins financiers des étudiants dans leur processus d'admission, ce qui aurait été le cas, selon eux.

En plus de Yale, Georgetown et Northwestern, les autres universités pointées du doigt sont : l'Université de Brown, le California Institute of Technology (Cal Tech), l'Université de Chicago, l'Université de Columbia, l'Université Cornell, le Dartmouth College, l'Université de Duke, l'Université Emory, le Massachusetts Institute of Technology (MIT), l'Université de Notre Dame, l'Université de Pennsylvanie, l'Université Rice et l'Université Vanderbilt.

Les étudiants lésés par ces pratiques

Pour Eric Rosen, l'un des avocats à la base de l'affaire, les universités, en conspirant ensemble pour limiter les aides, "ont contribué à augmenter les frais de scolarité pour les classes ouvrières et moyennes". Autrement dit, les étudiants qui bénéficiaient d'une bourse d'aide réduite volontairement par l'université ont payé plus que ce qu'ils devaient. Selon les avocats, 170.000 étudiants de premier cycle auraient reçu une aide financière partielle au cours des 18 dernières années. Autant d'étudiants qui pourraient théoriquement se joindre à l'action en justice et réclamer des dommages et intérêts. Mais ce n'est pas tout, "les universités semblent considérer la richesse des candidats et de leur famille dans la prise de décision d'admission", poursuit l'avocat. Les étudiants qui paient cash le plein tarif sont plus attrayants pour les universités qui gèrent le coût de la distribution des bourses et des subventions, note le Washington Post.

Yale, Cal Tech et Brown ont réagi en expliquant qu'ils avaient confiance dans leur politique d'aide. Les autres universités, elles, ont déclaré qu'elles s'exprimeraient au cours du procès.

Notons que plusieurs universités américaines se sont engagées pour aider les étudiants à faible revenus. Malgré tout, d'autres établissements d'élite, censés être les gardiens du rêve américain, "ont fermé les portes plus qu'ils ne le devaient", a conclu Eric Rosen.