Le blues des étudiants internationaux au Canada: "C'est parfois difficile de trouver un job"

Trouver un job au Canada n'est pas forcément si facile qu'on le pense.

Le blues des étudiants internationaux au Canada: "C'est parfois difficile de trouver un job"
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Le Canada a toujours été une destination très prisée des étudiants internationaux. En octobre dernier, une étude menée par l'entreprise de recrutement IDP Connect auprès de 3.650 étudiants issus de 55 pays plaçait d'ailleurs le Canada comme le pays le plus attractif pour les étudiants étrangers.

Si cette destination plaît autant, c'est, selon l'étude, pour les futures opportunités de carrière. D'un point de vue financier, les étudiants sont aussi très attirés par les possibilités de travailler à temps partiel pendant leurs études. Oui, mais voilà, depuis le Covid, les choses ne sont plus aussi simples, explique le Courrier international.

One Voice Canada Alberta, un groupe d'aide aux étudiants internationaux, a expliqué à CBC que plusieurs jeunes, installés à Calgary (Alberta) peinaient à trouver de l'emploi. "Ils n'atteignent même pas l'étape des entrevues", déplore l'organisme. "De nombreux emplois sur lesquels les étudiants internationaux pouvaient compter dans le passé sont de plus en plus difficiles à trouver depuis le Covid." "Les employés à temps plein sont passés à temps partiel, les employés à temps partiel sont devenus occasionnels. Les Canadiens diplômés sont maintenant en concurrence pour des emplois de niveau 'débutant' comme l'industrie alimentaire et le service à la clientèle. Résultat: les étudiants passent après eux", poursuit One Voice.

Est-ce uniquement la faute au Covid?

Déjà avant le Covid, il était déconseillé aux étudiants de ne compter que sur les jobs à temps partiel pour financer leurs études. En effet, ces jobs offrent un salaire minimum, explique Study International. En général, entre 8 et 11 euros de l'heure. Cela peut paraître correct, mais les étudiants ne sont autorisés à travailler que 20h/semaine. Et, en plus, ils doivent payer un impôt sur la fortune et ne peuvent pas commencer à travailler avant leur premier jour de cours. Bref, cela ne suffit généralement pas à assumer le coût de la vie sur place.

Malheureusement, beaucoup d'étudiants continuent à ne compter que sur ces petits jobs pour payer leurs études au Canada. Sans emploi, ils se retrouvent donc dans une situation financière difficile et parfois contraints de demander de l'aide pour s'en sortir.

Et les opportunités de carrière?

Au niveau des opportunités de carrière, tout n'est pas tout rose, poursuit le Courrier international. Une étudiante en journalisme et en droit a expliqué à Study International que plusieurs choses l'avaient empêchée de trouver un poste qui aurait pu la conduire à un emploi après ses études. Parmi elles, son statut d'étudiante internationale, les exigences de citoyenneté canadienne ou de résidence permanente au Canada. Elle explique avoir dû travailler "bénévolement pour avoir quelque chose à écrire sur son CV".

Toujours selon ce site, les étudiants internationaux qui restent au Canada après leurs études sont, dans les premières années, souvent moins bien payés que leurs homologues canadiens. Même si leur diplôme est le même, les étudiants internationaux n'ont généralement pas pu avoir les mêmes expériences de travail avant leur diplôme, ce qui crée des différences sur le CV.

Une destination qui reste attrayante

Malgré tout, le Canada est et restera une destination attrayante, notamment grâce à ses universités prestigieuses qui coûtent moins cher que leurs pendants américaines. La culture et l'ouverture du pays plaisent également beaucoup. Niveau boulot, des programmes d'aide visent à faciliter le parcours des étudiants internationaux. Certaines villes, comme Toronto et Vancouver, sont prêtes à tout pour accueillir des diplômés très instruits et compenser le vieillissement de leur population.

A condition de bien préparer leur venue et d'avoir un profil intéressant, les étudiants n'ont pas de raison de bouder le Canada. La preuve, en 2021, 12.695 étudiants internationaux ont obtenu leur résidence permanente au pays.