Joe Biden devra renoncer à sa réforme électorale

Il n’a pas réussi à se débarrasser, au préalable, de l’obstacle du "filibuster".

Joe Biden devra renoncer à sa réforme électorale
©AFP

La cause pouvait sembler perdue depuis quelque temps, le dénouement n’en est pas moins douloureux pour Joe Biden. Les deux projets de loi qu’il voulait faire passer pour protéger l’exercice du droit de vote et uniformiser le système électoral américain (avec le souci sous-jacent d’empêcher les contestations infondées) ont été torpillés mercredi et, qui plus est, par une fronde dans son propre camp.

Comme ils l'avaient annoncé, les sénateurs démocrates Joe Manchin et Kyrsten Sinema, élus dans des États républicains (Virginie-Occidentale et Arizona) ont, en effet, refusé de voter une réforme de la technique d'obstruction parlementaire dite du filibuster. Celle-ci permet à la minorité au Sénat, voire à un seul sénateur, de prolonger indéfiniment un débat et de bloquer, par conséquent, l'adoption d'un projet de loi.

Pour surmonter ce blocage, il faut réunir 60 voix sur 100, raison pour laquelle on dit couramment que le seuil à franchir, pour le vote d’une loi au Sénat, n’est pas la majorité absolue, mais une majorité qualifiée des trois cinquièmes. Les Démocrates voulaient changer cette règle, au moins pour les législations portant sur un objet unique comme, en l’occurrence, le droit de vote.

Il aurait fallu, pour y parvenir, qu'ils mobilisent leurs 50 élus, face aux 50 Républicains, la vice-présidente Kamala Harris ayant le pouvoir de faire pencher la balance du côté démocrate. La défection de Mme Sinema et de M. Manchin ne l'a pas permis. Il en résulte que le filibuster empêchera l'examen et le vote des deux projets de loi électoraux, faute d'une majorité suffisante pour le contourner.

Les Démocrates se consoleront peut-être de ce revers en sachant que la Cour suprême a, le même jour, débouté Donald Trump. Il espérait qu’elle l’autoriserait à ne pas communiquer à la Commission parlementaire d’enquête sur l’assaut du Capitole, en invoquant le "privilège de l’exécutif", les centaines de documents qu’on lui réclame. Cette décision pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’ex-Président, qui nie toute responsabilité dans les violences du 6 janvier 2021.