Esme, condamnée à 30 ans de prison pour meurtre après avoir fait une fausse couche

Lundi 9 mai, Esme a été condamnée à 30 ans de prison pour avoir perdu son fœtus.

Au Salvador, l’avortement est interdit, comme au Nicaragua, au Honduras, en République dominicaine, à Haïti, au Suriname et à Malte. Dans ce pays, pas une seule exception n'autorise une interruption volontaire de grossesse. Peu importe qu’il s’agisse d’un viol ou que la santé de la mère ou de l’enfant soit en danger.

Il y a deux ans, après avoir appelé les urgences, Esme (prénom d'emprunt) a fait une fausse couche. Selon le Collectif citoyen pour la dépénalisation de l’avortement, elle n'a absolument pas reçu les soins nécessaires, mais elle a par contre été dénoncée à la police et accusée d’homicide. Elle a déjà passé les deux dernières années derrière les barreaux. Et aujourd'hui, la sentence est tombée: 30 ans. L’avocate d’Esme, Karla Vaquerano, a annoncé qu’elle ferait appel de la décision de justice.

L'interruption de grossesse est généralement poursuivie comme "homicide aggravé" et peut être punissable avec des peines allant jusqu'à 50 ans de prison au Salvador. Comme le note le quotidien français Le Monde, les espoirs nés de l'élection de Nayib Bukele (2019) en matière de droits des femmes ne se sont pas concrétisés dans ce pays où l'Eglise catholique joue un rôle encore très important.

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