Les crimes de la dictature argentine face à la justice

La justice argentine a condamné mercredi à la prison à vie dix anciens militaires et policiers pour des crimes commis sous la dictature (1976-1983). Ils ont été reconnus coupables notamment d'homicides, d'enlèvements, de tortures et de viols.

AFP
Les crimes de la dictature argentine face à la justice
©Shutetrstock

Les crimes ont été commis dans la caserne militaire de Campo de Mayo contre 350 personnes, dont des femmes enceintes et des ouvriers de la multinationale allemande Mercedes Benz.

La lecture de la décision unanime du tribunal a été suivie par les accusés par vidéoconférence, tandis que la salle d'audience était remplie de proches de victimes et de membres d'organisations de défense des droits humains.

A Campo de Mayo, il y avait une maternité clandestine où des femmes enceintes détenues illégalement accouchaient dans des conditions inhumaines avant de disparaître.

L'organisation des Grands-mères de la Place de Mai estime que pendant la dictature, quelque 400 bébés sont nés en captivité et ont été illégalement remis à d'autres personnes.

Parmi ceux-ci, 130 ont retrouvé leur identité d'origine.

La liste des victimes comprenait également de nombreux travailleurs et délégués syndicaux d'usines situées dans la zone industrielle au nord de Buenos Aires, dont les constructeurs automobiles Mercedes Benz et l'américain Ford.

Le procès a débuté en 2019 et s'est tenu en grande partie à distance en raison de la pandémie de Covid-19.

Au départ il y avait 22 accusés, mais deux sont décédés pendant la procédure. La plupart avaient déjà été condamnés dans d'autres procès pour crimes contre l'humanité.

Depuis l'annulation en 2006 des lois d'amnistie, 278 sentences ont été prononcées pour crimes contre l'humanité dans tout le pays qui ont concerné 1.070 personnes condamnées, dont de nombreuses à la réclusion à perpétuité.