Comment un puissant complotiste américain s'est fait piéger par son propre avocat lors de son procès

Cela fait des années que le complotiste américain Alex Jones nie la vérité mais ce mercredi, celle-ci lui a éclaté en plein visage... suite à une gaffe de son avocat.

Comment un puissant complotiste américain s'est fait piéger par son propre avocat lors de son procès
©AP

Il a fait des canulars et des fake news son gagne-pain. Dans son émission diffusée sur sa plateforme Infowars, le polémiste Alex Jones diffuse depuis des années ses théories complotistes à destination de millions de suiveurs. Parmi celles-ci figure celle sur la fusillade dans l’école primaire Sandy Hook dans le Connecticut qui, en 2012, a coûté la vie à six adultes et vingt enfants âgés de 6 à 7 ans.

Selon lui, il s'agissait ni plus ni moins d'un "canular géant", "complètement bidon" où personne ne serait mort. Une mise en scène afin d'attenter au droit des Américains de détenir des armes. Ces propos ont valu aux proches des victimes de la fusillade de subir du harcèlement de la part des suiveurs de Jones pendant des années. En 2018, les parents d'une victime de cette fusillade ont décidé de l'assigner en justice en lui réclamant un minimum de 150 millions de dollars en guise de réparation.

"Savez-vous ce qu’est un parjure ?"

Ce mardi, après une semaine d'audience, l'homme a finalement reconnu officiellement, devant un tribunal texan, que la tuerie de l’école primaire de Sandy Hook était “100 % réelle”. S'il a reconnu l'authenticité des faits, il a revanche toujours nié avoir diffusé de fausses informations sur le sujet et a affirmé ne disposer d'aucun mail ni SMS. Des allégations faites sous serment qui pourraient lui coûter très cher étant donné la bourde qu'a commise son avocat.

En effet, à quelques heures des réquisitions finales, l'avocat des parents de la victime de la fusillade, tout en demandant à l'accusé s'il savait ce qu'était un parjure, lui a annoncé que ses avocats avaient commis une erreur en envoyant une copie numérique intégrale de son téléphone portable. "C'est comme ça que je sais que vous m'avez menti quand vous avez dit n'avoir pas trace de messages concernant Sandy Hook", lui a-t-il lancé avant d'exposer les pièces à conviction.

Des SMS et e-mails qui rendent également compte des bénéfices très lucratifs perçus par l'homme d'affaires grâce à sa plateforme, alors que ce dernier s'est toujours protégé derrière son insolvabilité.

Ce crime de parjure, s'il est retenu par le tribunal, pourrait lui valoir cinq ans d'emprisonnement.

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