Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis "n'entrera pas" au Nicaragua suite au refus de Rosario Murillo

Le nouvel ambassadeur désigné par les Etats-Unis "Hugo Rodriguez n'entrera pas" au Nicaragua, a averti jeudi la vice-présidente nicaraguayenne Rosario Murillo, également épouse du président Daniel Ortega.

Le nouvel ambassadeur des Etats-Unis "n'entrera pas" au Nicaragua suite au refus de Rosario Murillo
©AFP

Mme Murillo a invoqué l'attitude "d'ingérence" du diplomate. "M. Hugo Rodriguez, nous le répétons, ne sera admis en aucun cas au Nicaragua (...) Que ces messieurs les impérialistes se le tiennent pour dit: ici, Hugo Rodriguez n'entrera pas", a déclaré Mme Murillo, qui a lu une note du ministère des Affaires étrangères dans une communication aux médias officiels.

Le ministère nicaraguayen des Affaires étrangères souligne avoir averti Washington dès le 28 juillet que la nomination de M. Rodriguez comme ambassadeur à Managua ne serait pas acceptée, en raison de son attitude "d'ingérence insigne, de son irrespect, dont l'accréditation représentait une offense", après avoir qualifié le régime de Managua de "dictature" lors de son audition par le Sénat américain durant le processus de nomination.

Commentant la décision des autorités de Managua, Mme Murillo a qualifié d'"insolite" la décision de Washington de confirmer la nomination de M. Rodriguez.

Le refus du nouvel ambassadeur américain intervient au lendemain de la notification, par le ministre des Affaires étrangères Denis Moncada, de son expulsion à l'ambassadrice de l'Union européenne Bettina Muscheidt. Celle-ci devrait quitter le pays samedi, selon des sources diplomatiques.

En mars, l'ambassadeur du Vatican, le nonce apostolique Waldemar Sommertag, avait également été expulsé, une décision inédite au monde.

Mercredi soir, le président Ortega a refusé également la main tendue du pape, qui insiste sur la nécessité du "dialogue", en qualifiant l'Église catholique de "dictature parfaite, de tyrannie parfaite".

Daniel Ortega a été réélu pour un quatrième mandat consécutif lors d'un scrutin d'où étaient absents tous ses adversaires potentiels de poids, arrêtés ou contraints à l'exil.

La communauté internationale n'a de cesse de condamner la dérive du régime. L'UE et les Etats-Unis ont imposé de nombreuses sanctions au Nicaragua et à des personnalités du régime depuis quatre ans, invoquant notamment des violations des droits humains.