"Nous allons assister au spectacle Donald Trump, Acte II, Scène I": l'arrivée de nombreux radicaux pro-Trump au Congrès fait craindre le chaos

Malgré la déconvenue républicaine aux "midterms", de nombreux radicaux pro-Trump sont attendus au Congrès.

(FILES) In this file photo taken on November 15, 2022, former US President Donald Trump leaves the stage after speaking during an event at his Mar-a-Lago home in Palm Beach, Florida. - The US Supreme Court cleared the way on November 22, 2022, for former President Donald Trump's tax returns to be handed over to a committee of the Democratic-majority House of Representatives. (Photo by JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Si des candidats complotistes soutenus par Donald Trump ont connu une défaite cuisante aux élections de mi-mandat, de nombreux défenseurs de sa théorie d'une élection présidentielle "volée" en 2020 feront leur entrée au Congrès, laissant craindre un certain chaos parlementaire.

Les "midterms", où les républicains ont échoué à reprendre le Sénat et ne se sont emparés de la Chambre des représentants qu'avec une courte majorité, loin de la "vague rouge" escomptée, ont montré un rejet relatif de l'extrême droite du parti, notamment dans les courses électorales les plus scrutées.

Malgré ces résultats décevants, quelque 170 candidats républicains pro-Trump qui rejettent la victoire de Joe Biden à la présidentielle de 2020 ont remporté des sièges à la chambre basse du Congrès et auront une forte influence sur le choix du prochain chef de la majorité républicaine à la Chambre.

Parmi eux, Marjorie Taylor Greene, élue républicaine de Géorgie connue pour ses outrances, ou encore Matt Gaetz, représentant de Floride. Ils devraient peser pour tenter de mettre en place un programme axé sur la revanche de l'ancien président envers ses ennemis politiques.

Au sein du Sénat à majorité démocrate, la poignée de trumpistes adeptes de la thèse du "Grand Mensonge" -- allégations infondées selon lesquelles la présidentielle 2020 aurait été volée au milliardaire -- comprend Rand Paul, élu du Kentucky, et JD Vance, de l'Ohio.

Fort du soutien inébranlable de sa base, Donald Trump a de son côté redoublé la semaine dernière ses allégations infondées de fraude électorale lors de l'annonce de sa candidature à la Maison Blanche pour 2024.

"De façon concrète, nous savons tous que nous allons assister au spectacle Donald Trump, Acte II, Scène I", a résumé Aron Solomon, juriste de l'agence Esquire Digital.

"Peu importe à quel point nous espérons que le Congrès va se concentrer sur la mise en place des jalons nécessaires à la restauration d'une confiance profonde en la démocratie (...) nous allons assister à un feuilleton politique sans commune mesure, nous devrions donc tous attacher notre ceinture", a-t-il assuré.

"Menace" sur la démocratie

Avec un Sénat démocrate et une Chambre des représentants conservatrice, les experts s'attendent en effet à deux années de paralysie parlementaire et à des enquêtes sans fin contre le gouvernement Biden au lieu d'avancées pour juguler l'inflation ou la violence armée.

Près d'un tiers du pays sera représenté en 2023 par un élu local -- notamment gouverneur ou procureur général -- rejetant le résultat de l'élection de 2020, selon l'organisation States United Action.

Les élus démocrates et républicains à ces postes ont été des remparts essentiels face aux tentatives de Donald Trump et de ses alliés d'inverser les résultats de la présidentielle il y a deux ans.

"Les résultats des élections de mi-mandat cette année méritent d'être célébrés. La plupart des électeurs ont refusé de faire accéder au pouvoir les candidats mettant en doute le résultat de 2020", tempère Thania Sanchez, experte de States United Action.

"Mais nous devons garder en tête que ceux qui nient le résultat de l'élection ont remporté des postes au niveau local dans certaines élections et qu'ils étaient déjà au pouvoir dans d'autres Etats (...) La menace envers notre démocratie n'a pas pris fin", ajoute-t-elle, appelant à faire preuve de vigilance pour "défendre des élections libres et justes".

Un groupe de secrétaires d'Etat récemment élus, des responsables dont le rôle consiste à superviser la tenue des élections aux Etats-Unis, a annoncé une campagne pour lutter contre les efforts visant à saper le processus électoral. Ils comptent notamment proposer des lois pour que le harcèlement des électeurs soit considéré comme un crime.

"Ce que l'élection de 2020 a montré est que la démocratie peut triompher contre des tentatives sans précédent pour renverser les résultats d'un scrutin libre, impartial et juste", selon Jocelyn Benson, secrétaire d'Etat démocrate du Michigan, réélue pour un second mandat.