Une plainte pour viol est relancée contre Trump

États-Unis Des faits prescrits peuvent être examinés grâce à une nouvelle loi à New York.

AFP
(FILES) In this file photo taken on November 15, 2022, former US President Donald Trump leaves the stage after speaking during an event at his Mar-a-Lago home in Palm Beach, Florida. - The US Supreme Court cleared the way on November 22, 2022, for former President Donald Trump's tax returns to be handed over to a committee of the Democratic-majority House of Representatives. (Photo by JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
©2022 Getty Images

La journaliste américaine E. Jean Carroll, qui accuse Donald Trump de l’avoir violée dans les années 1990, a relancé jeudi son action en justice civile contre l’ancien président des États-Unis, grâce à une nouvelle loi à New York qui protège les victimes d’agressions sexuelles.

Une double affaire judiciaire de viol et de diffamation présumés oppose depuis 2019, devant la justice fédérale civile de Manhattan, Mme Carroll, 78 ans, à Donald Trump, 76 ans, lesquels ont tous deux produit en octobre leurs dépositions sous serment devant un juge new-yorkais.

Dans la procédure en diffamation, E. Jean Carroll, auteure et ancienne chroniqueuse du magazine Elle, avait attaqué Donald Trump au civil en novembre 2019. Elle l'accusait de l'avoir diffamée pour avoir qualifié de "mensonge complet", en juin 2019, ses allégations de viol dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais, Bergdorf Goodman sur la Cinquième Avenue, en 1995 ou 1996. Le Président républicain, alors en fonction, avait répondu ne l'avoir jamais rencontrée et qu'elle n'était "pas son genre de femme".

Des faits jadis prescrits

Quant aux accusations de viol, Mme Carroll n'avait pas pu déposer plainte en bonne et due forme en 2019 puisque les faits allégués étaient prescrits. Or, ce 24 novembre, est entrée en vigueur une nouvelle loi de l'État de New York, l'Adult Survivors Act, qui permet, pendant un an, aux victimes d'agressions sexuelles de réactiver leurs éventuelles anciennes plaintes et de réclamer un procès au civil.

Le cabinet d’avocats de Mme Carroll, Kaplan Hecker and Fink, et la justice fédérale de Manhattan ont donc rendu publics jeudi plusieurs documents judiciaires accusant notamment Donald Trump de "viol" et demandant un procès au civil en 2023. La plaignante s’était tue pendant plus de vingt ans avant de raconter son histoire dans un livre à la fin des années 2010 à la faveur du mouvement #MeToo lancé en 2017 contre les violences faites aux femmes. (AFP)