Argentine: condamnée à six ans de prison, Kirchner annonce un pas de côté politique

La vice-présidente argentine Cristina Kirchner a été condamnée mardi à six ans de prison, dont son immunité parlementaire la préserve, et à une inéligibilité à vie, dans un procès pour fraude et corruption durant ses mandats présidentiels, verdict qu'elle a imputé à une "mafia judiciaire".

(FILES) In this file photo taken on August 27, 2022 Argentina's Vice President Cristina Fernandez de Kirchner addresses supporters holding a demonstration close to her home, in Buenos Aires. - An Argentine court on December 6, 2022 found vice-president Cristina Kirchner guilty of corruption, sentencing her to six years in jail and banning her from holding public office for life. Kirchner was declared guilty of "fraudulent administration" over irregular public works contracts awarded during her time as president between 2007 and 2015. (Photo by Luis ROBAYO / AFP)
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Dans la foulée, l'ex-cheffe de l'État a affirmé qu'elle "ne sera candidate à rien, ni sénatrice, ni vice-présidente, ni présidente" aux élections générales de 2023, paraissant renoncer ainsi à une future immunité. Même si plusieurs niveaux de recours ne devraient pas rendre une sentence effective avant des années.

Cristina Kirchner, 69 ans, a été reconnue coupable "d'administration frauduleuse" au préjudice de l'État, dans ce procès portant sur des attributions de marchés publics dans son fief politique de Santa Cruz (sud), pendant ses deux mandats de présidente (2007-2015).

Douze ans de prison, ainsi que l'inéligibilité, avaient été requis en août contre elle.

L'ex-présidente de centre-gauche, qui sept ans après son départ de la présidence, reste une figure incontournable autant que clivante de la politique argentine, a toujours nié toute malversation. Ses avocats avaient plaidé la relaxe.

Et elle a dénoncé, tout au long de la procédure depuis 2019, un procès "politique", mené par des juges selon elle instrumentalisés par l'opposition de droite, en particulier le camp "macriste", en référence à son successeur à la présidence (2015-2019), le libéral Mauricio Macri.