Au plus fort de la première vague de coronavirus, lorsque la ville de New York était submergée de cadavres, elle avait choisi de se servir de camions frigorifiques comme de morgues temporaires. Mais un an plus tard, certains camions sont toujours là. Dans le quartier de Brooklyn, les véhicules renferment toujours 750 personnes décédées du Covid. Depuis le printemps dernier, elles attendent d'être enterrées dignement.

"Pourquoi avons-nous encore ces installations temporaires?", s'est insurgé Mark Gjonaj, un démocrate membre du conseil municipal de la ville. "Si les familles ont déjà exprimé leur volonté de faire enterrer leurs morts dans un endroit précis, pourquoi retardons-nous cela plus longtemps que nécessaire?", a-t-il demandé.

Si, à l'époque, l'utilisation de ces camions pour faire face à la surmortalité se comprenait. Aujourd'hui, il est difficile d'admettre qu'ils sont toujours là.

Où les enterrer?

Lors d'une récente réunion, les autorités ont promis qu'elles feraient tout leur possible pour réduire rapidement le nombre de cadavres. Mais c'est encore très lent. Pourtant, selon The City, les familles ont déjà exprimé leurs souhaits concernant leurs proches décédés. La plupart aurait décidé de les faire enterrer à Hart Island, la plus grosse fosse commune des Etats-Unis, tandis que l'autre partie, elle, n'aurait tout simplement pas donné suite aux demandes de contact des autorités. Autrement dit, il est vraisemblable que les victimes finissent toutes à Hart Island. Comme l'explique The Independent, cet endroit, situé au large du Bronx, a longtemps été le lieu de sépulture des morts et des pauvres non réclamés de la ville. "Nous continuerons toutefois à travailler avec les familles", a précisé Dina Maniotis, la commissaire adjointe du bureau des médecins légistes.

Selon des analyses, 2,334 adultes ont été brûlés à Hart Island en 2020, soit deux fois plus qu'en 2019.

En finir avec les camions

Les images des camions frigorifiques parqués devant les hôpitaux au plus fort de la crise ont profondément marqué les New-Yorkais et le reste du monde. Sans eux, la ville n'aurait jamais pu appuyer les hôpitaux et les morgues, complètement dépassés par le nombre de corps à gérer.  

"Ces camions avaient pour but de garantir que les familles puissent enterrer leurs proches comme bon leur semble", rappelle le porte-parole du bureau du médecin légiste. Mais, aujourd'hui, ils sont devenus les stigmates d'une crise que tout le monde voudrait oublier. D'autant que la ville s'en sort aujourd'hui beaucoup mieux. Les contaminations et les décès dus au Covid ne cessent de diminuer. Forte de sa situation favorable, la ville de New York a même récemment organisé des campagnes de vaccination à destination des touristes.