Les faits s'étaient déroulés fin juin dans la voie privée très cossue où résident Mark et Patricia McCloskey dans la ville de St. Louis, au bord de l'Etat du Missouri.

Dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, on voit les deux sexagénaires brandir chacun une arme, pieds nus, devant les colonnades et les buis soigneusement taillés du jardin de leur vaste demeure. Lui tient fermement un fusil d'assaut, elle un petit pistolet.

A quelques dizaines de mètres défilent des manifestants, en majorité noirs, sur lesquels les McCloskey n'hésitent pas à pointer le canon de leur arme. Les protestataires sont pourtant restés pacifiques selon la procureure locale. La confrontation en est d'ailleurs restée là, sans un coup de feu de tiré.

"Ce que vous avez vu nous arriver pourrait tout aussi bien arriver à n'importe lequel d'entre vous", a averti Patricia McCloskey, assise aux côtés de son mari dans une vidéo diffusée lors de la convention nationale républicaine qui s'est tenue à Charlotte, en Caroline du Nord.

"Ne vous y trompez pas: peu importe où vous vivez, votre famille ne sera pas en sécurité dans l'Amérique des démocrates radicaux", a-t-elle ajouté.

Pour la droite conservatrice, le couple de juristes n'a fait fin juin qu'exercer un droit fondamental et séculaire: la défense de la propriété privée.

Ceci, après que le portail de leur rue privée eut été forcé par des vandales faisant partie du cortège. Et ils étaient protégés par le sacro-saint deuxième amendement de la Constitution américaine, qui permet la détention d'arme à feu.

Pour d'autres, les McCloskey illustrent ce sentiment de supériorité de certains Blancs fortunés, terreau de tous les abus dont sont victimes les minorités ethniques aux Etats-Unis, Afro-Américains les premiers.

La procureure de St. Louis, Kimberly Gardner, a d'ailleurs engagé une action en justice contre les deux avocats pour utilisation illégale d'armes à feu. Des poursuites qualifiées d'"abus de pouvoir" par la Maison Blanche.

Quant au président Donald Trump, il a soutenu que les deux résidents allaient "au mieux être salement passés à tabac et leur maison mise a sac et probablement incendiée". Les traduire devant les tribunaux serait "une honte", a-t-il martelé.

L'ouverture lundi de la convention nationale républicaine a dans ce contexte offert aux McCloskey l'occasion de renvoyer l'ascenseur vers le président-candidat.

M. Trump ne cesse en effet de dépeindre, en cas de victoire le 3 novembre de Joe Biden, une Amérique livrée aux bandes de casseurs sans papiers et aux groupuscules d'extrême gauche et dans laquelle les citoyens honnêtes se verraient confisquer leurs armes détenues légalement.

"Bien que les médias aient tenté de les 'éliminer', les (McCloskey) ont lutté en faveur de la liberté individuelle et des droits constitutionnels", a abondé l'équipe de campagne du milliardaire.