Trois procureurs ont signé cet acte d'accusation, demandant l'application "de mesures de précaution consistant en une détention préventive (...) d'une durée de six mois" dans des prisons de La Paz, selon ce document.

Jeanine Añez est détenue dans une caserne de police de La Paz depuis samedi. La télévision bolivienne a montré des images de l'ancienne dirigeante à son arrivée à l'aéroport de El Alto à La Paz, en présence du ministre de l'Intérieur et de plusieurs policiers. Elle a aussitôt qualifiée sa détention d'"illégale" devant la presse.

Sur les réseaux sociaux, l'ancienne présidente par intérim, conservatrice, à la tête de la Bolivie de novembre 2019 à novembre 2020, a dénoncé un "acte abusif et de persécution politique".

Deux anciens membres de son gouvernement ont également été arrêtés, les ex-ministres de l'Energie et de la Justice, Rodrigo Guzman et Alvaro Coimbra.

L'enquête du parquet fait suite à une plainte déposée en décembre par Lidia Patty, une ancienne députée du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales.

Elle accuse Mme Añez et d'anciens ministres, responsables militaires et policiers d'avoir renversé M. Morales en novembre 2019 et a déposé plainte pour "sédition", "terrorisme" et "conspiration".

M. Morales est revenu en Bolivie après la victoire de son dauphin Luis Arce à l'élection présidentielle d'octobre 2020.