Le président brésilien Jair Bolsonaro a annoncé jeudi qu'un projet de loi autorisant les activités minières sur des terres indigènes allait être soumis prochainement au Parlement et a également défendu l'élevage de bovins sur ces territoires.

"Pourquoi les blancs peuvent pratiquer des activités minières dans leurs fermes et pas les indigènes?", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes à la sortie de sa résidence officielle, à Brasilia.

Il a confirmé que le texte du projet de loi était prêt, mais n'a pas précisé quand il serait présenté au Parlement.

Au Brésil, seules les cultures traditionnelles sont autorisées sur les territoires réservés aux populations autochtones, mais le président Bolsonaro a indiqué à plusieurs reprises depuis le début de son mandat, en janvier, qu'il comptait changer ces règles.

Une idée hautement controversée, les défenseurs des droits des indigènes craignant qu'une telle mesure ne menace le mode de vie ce ces communautés et ne favorise la déforestation.

"Nous allons signer la Loi d'or des indigènes", a insisté jeudi M. Bolsonaro, une allusion à la loi qui a aboli l'esclavage au Brésil, en 1888.

Fin juillet, le président d'extrême droite avait déjà tenu des propos controversés à ce sujet.

"Ils devraient avoir le droit d'exploiter leur sous-sol (...) même si des ONG étrangères voudraient les voir confinés dans un zoo, comme des animaux préhistoriques", avait-il déclaré après l'assassinat d'un chef indigène dans une terre convoitée par les orpailleurs illégaux.

À l'époque, l'ONG Survival International avait affirmé que les propos du chef de l'Etat "stimulaient les orpailleurs illégaux et autres envahisseurs" des terres indigènes et s'apparentaient "à une déclaration de guerre contre les peuples autochtones".

Lors d'un discours à l'ONU en septembre, Jair Bolsonaro s'en était pris avec virulence au chef Raoni, leader autochtone emblématique à la renommée internationale, qu'il a accusé d'être instrumentalisé par des gouvernements étrangers.

Très critiqué face à la recrudescence des feux de forêt en Amazonie en août et en septembre, il n'avait cessé de dénoncer un complot de puissances étrangères menaçant selon lui la souveraineté du Brésil.