Un petit parti politique de gauche et les Verts ont refusé mercredi de voter en faveur d'une motion de l'opposition pour relancer une enquête sur un scandale éthique visant directement le Premier ministre.

La motion du parti conservateur portait sur la création d'une commission parlementaire chargée de faire la lumière sur une affaire ayant ébranlé le gouvernement de M. Trudeau cet été.

Le Premier ministre avait fait du vote de cette motion une question de confiance envers son gouvernement. Il menaçait de convoquer des élections législatives anticipées si l'opposition l'approuvait, estimant que cette commission risquait de paralyser le travail de l'exécutif en pleine deuxième vague de la pandémie de coronavirus.

Par 180 voix contre et 146 pour, la motion des conservateurs, soutenus par les indépendantistes du bloc québécois, a finalement été défaite. "On va voter contre une élection, on ne donne pas une excuse au Premier ministre Justin Trudeau pour déclencher une élection", avait déclaré avant le vote Jagmeet Singh, chef du Nouveau parti démocratique (NPD).

La commission, proposée par les conservateurs et au sein de laquelle l'opposition aurait été majoritaire, devait approfondir l'affaire "Unis", nom en français de l'association caritative We Charity au coeur de ce scandale.

Maintenant dissoute, cette association avait reçu au début de l'été un important contrat gouvernemental alors qu'elle avait rémunéré des membres de la famille de M. Trudeau, dont son épouse, sa mère et son frère.

Le contrat gouvernemental avait finalement été résilié, mais l'affaire avait aussi provoqué la démission du ministre des Finances, Bill Morneau, dont l'une des filles était également salariée de l'association Unis.

M. Trudeau avait fermé le parlement pendant un mois et demi en août, ce qui avait entraîné la dissolution des commissions, dominées par l'opposition, enquêtant sur ce scandale éthique.

Le gouvernement Trudeau avait déjà survécu à un vote de confiance il y a deux semaines sur le "discours du Trône" présentant ses priorités pour la relance économique, grâce au soutien du NPD.

Un sondage Léger réalisé cette semaine créditait les libéraux de 36% d'intentions de vote en cas d'élections, contre 29% pour les conservateurs et 18% au NPD, laissant entrevoir la formation d'un nouveau gouvernement minoritaire dirigé par les libéraux.