Le chef de l'État a déclaré avoir ordonné la rédaction d'un "décret qui modernisera la structure organisationnelle de la police nationale, avant tout pour consolider la politique (...) en matière de droits humains", lors d'une cérémonie de promotion de policiers à Bogota.

Sans reprendre mot pour mot la revendication des manifestants qui réclament une profonde "réforme" de la police, Ivan Duque a prévu une "transformation" de l'institution qui, dans ce pays sud-américain marqué par des décennies de conflit armé et la lutte contre le narcotrafic, dépend du ministère de la Défense.

Le président conservateur a également annoncé la création au sein de la police d'une "direction des droits de l'homme" dirigée par un expert extérieur aux forces de l'ordre.

Cette annonce intervient le jour même de l'arrivée en Colombie d'une délégation de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), chargée d'évaluer la situation des droits humains au cours des dernières semaines de soulèvement social.

Les manifestations, d'une ampleur inédite dans ce pays de 50 millions d'habitants, ont d'abord éclaté contre un projet de réforme fiscale visant à augmenter la TVA et à élargir la base de l'impôt sur le revenu, lancé par le gouvernement en pleine pandémie de coronavirus.

Le soulèvement, qui se traduit par des manifestations plus ou moins intenses et des blocages routiers, s'est par la suite transformé en des appels à des réformes pour une société plus égalitaire et à une dénonciation de l'usage excessif de la force par les forces de sécurité lors des manifestations.

Au moins 61 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la contestation, dont 59 civils et deux policiers, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels.

Selon le parquet, au moins 20 décès sont en lien direct avec les manifestations.

L'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch affirme disposer d'"allégations crédibles" concernant 67 décès, dont 32 "liés aux manifestations".