La Russie a bloqué vendredi à l'ONU un projet américain de déclaration du Conseil de sécurité demandant à la Turquie d'arrêter son offensive militaire dans le nord de la Syrie, a appris l'AFP de sources diplomatiques.

Moscou a interrompu une procédure d'adoption de ce texte qui devait intervenir à 19H30 GMT, a indiqué l'une de ces sources. La Chine a suivi la Russie en rompant aussi cette procédure, selon un diplomate requérant l'anonymat.

Le projet, qui dans sa version initiale demandait seulement à Ankara de revenir à la diplomatie plutôt qu'utiliser des moyens militaires, avait été durci après plusieurs observations d'Etats membres du Conseil de sécurité faites au cours des dernières 24 heures.

Le texte final soumis à une adoption, obtenu par l'AFP, demandait à la Turquie "d'arrêter son opération militaire et de faire plein usage des canaux diplomatiques pour résoudre ses préoccupations de sécurité". Il soulignait aussi la "profonde préoccupation (du Conseil de sécurité) face à l'opération militaire turque et à ses implications, notamment dans leurs dimensions humanitaire et sécuritaire".

Le projet de texte réclamait également que toutes les parties protègent les civils et permettent un accès humanitaire durable en Syrie. Il mettait en garde contre une reconstitution de l'organisation jihadiste Etat islamique et soulignait qu'un retour des réfugiés en Syrie (l'un des objectifs d'Ankara avec son offensive) ne pouvait se faire qu'en sécurité et sur une base volontaire.

Après une réunion jeudi qui s'était soldée par des divisions, les Etats-Unis avaient proposé à leurs partenaires du Conseil de sécurité un texte qui dans sa version initiale ne parlait que de "profonde préoccupation" et demandait à Ankara de privilégier les "canaux diplomatiques" plutôt que militaires.

La mission diplomatique russe à l'ONU avait ensuite demandé du temps pour pouvoir consulter Moscou, ce qu'avaient accepté les Etats-Unis jusqu'à vendredi matin. La Russie a alors une nouvelle fois demandé un peu plus de temps mais sans succès. Les Etats-Unis ont enclenché une procédure d'adoption de leur texte, durci au passage pour demander l'arrêt de l'offensive turque, selon des diplomates.