La réunion se tiendra à 17h00 heure de Washington (22h00 GMT), a indiqué la Maison Blanche. Le président pourrait s'exprimer dans la foulée.

Cette négociation constituera un véritable test sur la volonté du président démocrate de gouverner dans un esprit d'ouverture, d'autant que la contre-proposition rabote des mesures phares du projet de Biden dont les chèques aux Américains.

Son conseiller économique Brian Deese avait pris soin dimanche de souligner que Joe Biden était "ouvert aux idées" tout en insistant sur la nécessité d'agir vite face à l'urgence de la situation.

Avant même sa rencontre avec les républicains, le président démocrate a défendu son projet actuel.

"Mon plan de sauvetage va nous sortir des profondeurs de ces crises (sanitaire et économique) et mettre notre nation sur la voie de la reconstruction", a-t-il tweeté.


La crise économique - la pire depuis 1946 - résulte de la pandémie de Covid-19 et il y a "urgence" à lutter contre les deux à la fois, a-t-il insisté.

Joe Biden martèle depuis des semaines qu'il faut voir grand face à une crise inédite, d'où le montant gigantesque - 1.900 milliards de dollars - pour des mesures d'ampleur dévoilées le 14 janvier.

Mais les républicains sont farouchement opposés à cette dépense qui va creuser davantage la dette et le déficit budgétaire des Etats-Unis.

La contre-proposition d'un groupe de dix républicains modérés, publiée lundi sur le site de la sénatrice du Maine Susan Collins, comprend des mesures s'élevant au total à 618 milliards de dollars.

Ces républicains suggèrent d'abaisser le montant des chèques envoyés aux Américains à 1.000 dollars, ce qui ferait un total de 1.600 dollars avec le montant acté en décembre.

C'est bien moins que les 2.000 dollars voulus par l'administration Biden pour soutenir les familles les plus fragiles qui peinent à payer leur loyer et manger.

Ce groupe de républicains veut surtout réduire l'enveloppe consacrée aux écoles et même supprimer l'aide de 350 milliards de dollars qui pourrait être dédiée aux Etats, deux mesures chères au président démocrate.

Dans leur courrier adressé dimanche à Joe Biden, les dix républicains auteurs de la contre-proposition, dont Mitt Romney, ex-candidat à la Maison Blanche, et le sénateur de l'Ohio Rob Portman, font valoir que "des milliards de dollars des précédents plans d'aide contre le Covid n'ont pas été utilisés" et invitent donc à utiliser ces fonds avant d'en voter de nouveaux.

Un autre signataire, Bill Cassidy, avait, lui, expliqué sur Fox News Sunday pourquoi il refusait de mettre la main au pot pour les écoles publiques.

"Rouvrir les écoles publiques n'est pas lié à un problème d'argent", a-t-il déclaré. Les enseignants, poussés par leurs syndicats, ne "veulent pas revenir travailler", avait-il ajouté.

Telles quelles, ces contre-propositions ont peu de chance de trouver un écho favorable chez le président.

La semaine dernière, Joe Biden avait laissé entendre qu'à défaut d'un consensus, les démocrates, qui disposent de la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, pourraient faire adopter le texte par une simple majorité.

Ils veulent éviter le psychodrame de l'an passé quand démocrates et républicains ont mis des mois à s'entendre sur un nouveau plan d'aide.

En mars 2020, le Congrès avait voté en urgence un plan de 2.200 milliards de dollars pour faire face au choc économique provoqué par le Covid.

Puis, malgré l'expiration des aides d'urgence, il avait fallu attendre jusqu'aux tout derniers jours de décembre pour faire voter un nouveau plan de 900 milliards de dollars.

La crise du Covid-19 a provoqué l'an passé la pire récession depuis 1946. Et la reprise reste poussive. Surtout, la crise a largement accentué les inégalités sociales dans le pays.

Outre le montant trop élevé, les républicains souhaitent un vote séparé sur le doublement du montant du salaire fédéral minimum, actuellement à 7,25 dollars de l'heure, disposition qui est incluse dans le projet de Joe Biden.