L'opposition vénézuélienne, majoritaire au Parlement, a annoncé dimanche se retirer des élections législatives prévues d'ici la fin de l'année, un processus électoral qu'elle a qualifié de "farce". "Les partis démocratiques vénézuéliens ne valideront ni ne reconnaîtront aucune farce électorale mise en scène par la dictature (du président chaviste Nicolas Maduro, ndlr) dans son propre intérêt", affirment dans un communiqué des représentants de onze formations politiques, dont les quatre principaux partis d'opposition.

Ces formations fustigent "la prétention dictatoriale" de ces élections destinées à renouveler l'Assemblée nationale, un processus qui servira selon elles "à aggraver la crise politique actuelle".

Le Tribunal suprême de justice (TSJ) a nommé vendredi de nouveaux membres à la tête du Conseil national électoral (CNE), chargé de superviser le scrutin pour lequel aucune date n'a encore été fixée mais qui, en vertu de la loi, doit se tenir cette année.

Accusé par l'opposition d'être partial au bénéfice du pouvoir chaviste, le TSJ a notamment nommé une magistrate sanctionnée par le Canada à la tête du CNE.

Ce faisant, il s'est arrogé une prérogative de l'Assemblée nationale, le parlement unicaméral du Venezuela, seule institution contrôlée par l'opposition.

"L'heure est venue! ", s'était félicité samedi Nicolas Maduro au lendemain de la nomination de ces nouvelles autorités électorales. "Nous devons nous battre, unis, avec plus de force que jamais", a tweeté de son côté le dirigeant de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis.

L'opposition avait gagné les élections législatives de décembre 2015, remportant 112 des 167 sièges du Parlement, pour lequel M. Maduro est un "usurpateur" qui s'est maintenu au pouvoir pour un deuxième mandat à la faveur d'une présidentielle "frauduleuse" en 2018.