Cuba a tourné lundi la page des frères Castro avec le départ en retraite de Raul, 89 ans. Un moment historique même si le célèbre révolutionnaire restera consulté sur les grandes décisions du parti unique : "Le compagnon Raul […], par sa légitimité et parce que Cuba a besoin de lui, sera consulté sur les décisions stratégiques de plus grande importance pour le destin de la nation", a annoncé le président Miguel Diaz-Canel, 60 ans, élu à sa place premier secrétaire par les délégués du Parti communiste.

Le passage de témoin a eu lieu 60 ans jour pour jour après la victoire cubaine contre l’attaque de la baie des Cochons, pilotée par les États-Unis et qui avait échoué à envahir l’île.

Il survient à un moment critique pour Cuba, plongée dans sa pire crise économique en 30 ans sous l’effet de la pandémie de coronavirus et du renforcement, par Donald Trump, de l’embargo américain imposé depuis 1962.

Rajeunissement

Le nouveau Bureau politique du Parti communiste - le seul autorisé -, cœur du pouvoir sur l’île, a été partiellement renouvelé lundi avec le départ de la génération historique, celle de la révolution de 1959. Malgré le départ de plusieurs octogénaires, il a encore une moyenne d’âge de 61,6 ans.

Et si le Bureau politique a été resserré, passant de 17 à 14 membres, seuls cinq d’entre eux sont de nouveaux venus. En outre, il ne compte que trois femmes sur ces 14 membres.

Aux côtés du président Miguel Diaz-Canel, 60 ans, nouveau premier secrétaire, entre au Bureau politique le Premier ministre Manuel Marrero, 57 ans.

Autre nouveauté : le poste de numéro deux du parti, occupé par Raul Castro de 1965 à 2011, est supprimé.

Quatre militaires

Sur les 14 membres du Bureau politique, quatre sont des militaires en fonction ou à la retraite : le ministre des Armées, Alvaro Lopez Miera, 77 ans ; le ministre de l’Intérieur, Lazaro Alvarez, 57 ans ; le chef du groupe d’entreprises de l’armée Gaesa et ex-gendre de Raul Castro, Luis Alberto Lopez Callejas, 60 ans ; le secrétaire du Conseil des ministres, José Ricardo Guerra, 68 ans.

Le Comité central, organe plus large de direction du parti, a été resserré de 142 à 114 membres.