En juin 2020, 2.248 foyers d'incendie ont été enregistrés en Amazonie, soit une augmentation de 19,57% par rapport à juin 2019 (1.800). Il s'agit du plus grand nombre enregistré pour le mois de juin depuis 2007, indique l'ONG de protection de l'environnement vendredi dans un communiqué. Greenpeace a également documenté des images dans les zones complètement ravagées par les feux et des zones en cours de préparation aux incendies. Comptant plus de 4.437 zones sensibles, l'État du Mato Grosso a enregistré le plus grand nombre d'incendies en Amazonie brésilienne cette année, représentant 49,52% de tous les incendies dans la région en 2020, rapporte l'ONG sur base des données de l'Institut brésilien de recherche spatiale.

"Tous les incendies sont actuellement illégaux en raison de l'interdiction d'incendies par le gouvernement de l'État de Mato Grosso de juillet à septembre", précise Greenpeace. Mais de nuancer: "l'interdiction des incendies pour une durée de 120 jours, que le président a imposée le 16 juillet, n'est rien d'autre qu'un coup de pub".

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Selon le chargé de campagne et expert de Greenpeace Brésil pour l'Amazonie, Romulo Batista, depuis l'arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir, "son gouvernement a démantelé les lois de protection de l'Amazonie et réduit à néant le pouvoir des agences de protection de l'environnement. Allant jusqu'à utiliser la pandémie du Covid-19 comme écran de fumée pour y continuer la déforestation ainsi que l'exploitation forestière et minière."

L'ONG rappelle que les grands incendies dans la forêt amazonienne ne sont pas d'origine naturelle. "Ils sont délibérément allumés par des agriculteurs ou des entreprises qui s'accaparent les terres pour étendre les terrains utilisés pour l'élevage de bétail et la production agricole industrielle", déclare-t-elle.

Greenpeace craint également que les peuples indigènes ne soient victimes de ces incendies et de la pollution atmosphérique qu'ils engendrent.

Les produits liés à la déforestation et aux feux allumés en Amazonie (notamment le soja destiné à l'alimentation du bétail) finissant dans les rayons des magasins dans notre pays, An Lambrechts, de Greenpeace Belgique, indique que "Greenpeace appelle l'Union européenne à mettre en œuvre d'urgence une nouvelle législation stricte pour garantir que les biens entrant sur le marché européen ne soient plus liés à la déforestation, à la destruction des forêts et d'autres écosystèmes ou à des violations des droits humains".

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