Depuis quelques jours, à la frontière entre l’Arizona et le Mexique, des bruits d’explosions perturbent le calme habituel du désert. En cause, le mur que Donald Trump fait construire à la frontière avec le Mexique.

L’administration de Donald Trump a commencé à dynamiter les terres de l’Organ Pipe Cactus National Monument, une réserve naturelle reconnue par l’Unesco pour la rareté de ses plantes et de ses animaux. "Les explosions ciblées vont continuer par intermittence jusqu’à la fin du mois", a précisé un officiel du Service des douanes et de la protection des frontières des États‑Unis, tout en assurant qu’un expert en charge de la préservation de l’environnement serait présent pendant tout le temps de ces opérations.

En plus d’être précieuse pour sa biosphère, cette surface est également très sacrée pour une douzaine de tribus amérindiennes, affirme le Washington Post qui révèle ces informations. La tribu Tohono O’odham est notamment particulièrement touchée par ces explosions puisque celle-ci avait érigé des sépultures là où l'administration de Donald Trump pose sa dynamite.

"L’endroit où il y a eu des explosions l’autre jour à Monument Hill correspond à l’endroit où reposent des guerriers apaches qui ont été impliqués dans une bataille avec les O’odham. Ensuite, les membres de la tribu O’odham les ont respectueusement enterrés à Monument Hill", explique Raúl Grijalva, élu démocrate pour l’Arizona à la Chambre des représentants, dans une vidéo qu’il a postée sur Twitter le 9 février dernier et qui a déjà été visionnée plusieurs dizaines de milliers de fois.


"Des cactus vieux de 200 ans sont découpés comme du bois de chauffage. Aux yeux des membres de la tribu O’odham, ces cactus sont de véritables réincarnations de leurs ancêtres", a déploré un représentant du Center for Biological Diversity, qui est une ONG locale et qui œuvre à la protection des espèces menacées, pour le Washington Post.

Selon un rapport du service national de ce parc naturel, consulté par le quotidien américain, le tracé du mur de Donald Trump pourrait entraîner la destruction de 22 sites archéologiques au sein même d’Organ Pipe Cactus.

"Avant le début des travaux, une équipe d’archéologues avait découvert sur ces lieux des fragments d’os et des artefacts vieux de 10 000 ans", rapporte Slate.fr. Les voix continuent à s'élever en Arizona à cause de ce projet, surtout que plusieurs sources affirment qu’un autre tracé était possible.

Et la loi dans tout ça, que dit-elle ? Eh bien, c'est assez complexe car le gouvernement américain a la possibilité de passer outre les réglementations qui protègent le site, en faisant jouer la loi REAL ID de 2005, valable si la sécurité nationale est en jeu. "Cette dispense a été utilisée 21 fois depuis 2005", a constaté Raúl Grijalva dans une lettre adressée en janvier dernier au Département de la Sécurité intérieure. "Dont 16 fois depuis deux ans et demi", précise-t-il.