"Pendant quatre années, le président a été indifférent, voire hostile à l'égard des droits de l'homme, et l'élection de Joe Biden présente donc une réelle opportunité pour un changement de cap", a-t-il ajouté. Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, devrait collaborer avec les dirigeants mondiaux qui ont cherché à renforcer la défense des droits de l'homme dans le monde, a déclaré mercredi HRW dans son bilan de l'année. Selon l'organisation, son administration devrait également chercher des moyens pour ancrer le respect des droits de l'homme de manière solide dans la politique américaine, pour que celle-ci survive aux changements radicaux intervenus au sein de ses administrations.

"Après quatre années d'indifférence et d'hostilité de la part de Donald Trump à l'égard des droits de l'homme, notamment en provoquant l'assaut du Capitole, la présidence de Joe Biden offre une opportunité pour un changement fondamental", se réjouit M. Roth. "Le fait que M. Trump ait bafoué les droits de l'homme dans son propre pays et qu'il ait encouragé des autocrates à l'étranger, a sérieusement miné la crédibilité des Etats-Unis dans le monde. Les condamnations américaines à l'encontre du Venezuela, de Cuba ou de l'Iran, ont sonné creux lorsqu'en même temps, des louanges étaient adressées à la Russie, à l'Égypte, à l'Arabie Saoudite ou encore à Israël", souligne-t-il.

Afin de mieux faire valoir les droits de l'homme à l'étranger, l'ONG énumère quelques lignes directrices que le président américain élu devrait suivre. Selon l'organisation il faudrait que les Etats-Unis réduisent leur aide militaire ou la vente d'armes à des régimes abusifs tels que l'Arabie Saoudite, l'Égypte et Israël, condamner le gouvernement indien pour son incitation à la discrimination et à la violence contre les musulmans ou encore renouer avec le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

En ce qui concerne la politique intérieure, HRW encourage l'administration de Joe Biden, à laisser des procureurs indépendants poursuivre M. Trump et porter devant la justice les crimes qui ont été commis, ressort-il d'une interview à l'AFP. L'organisation estime qu'il faut éviter de répéter les erreurs commises par l'ancien président. Barack Obama avait renoncé à poursuivre son prédécesseur George W. Bush, dont l'administration avait légalisé la torture en invoquant la guerre contre le terrorisme. "Obama parlait de la nécessité de passer outre aux excès de la torture de Bush" pour préserver son programme législatif, explique le directeur de HRW.