Annoncé en premier par le président américain, Donald Trump,sur Twitter, cet accord verra Israël mettre fin à son plan d'annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée, selon les Emirats. Il s'agit d'une "percée spectaculaire", a commenté M. Trump, qualifiant cette normalisation d'"accord de paix historique entre nos deux grands amis".


Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a également évoqué un "jour historique" et un "pas décisif vers la paix au Moyen-Orient".

"C'est un succès remarquable pour deux Etats parmi les plus en pointe et les plus avancés technologiquement dans le monde", a-t-il ajouté dans un communiqué.

L'accord ferait des Émirats arabes unis le troisième pays arabe avec lequel Israël entretient des relations diplomatiques après ses accords de paix avec l'Égypte et la Jordanie.

Le plan controversé de M. Trump, dévoilé en janvier, offrait à Israël la possibilité d'annexer des territoires et des colonies juives de Cisjordanie, considérés comme illégales au regard du droit international.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré qu'il s'agissait d'un "jour historique" en réponse aux tweets de M. Trump sur l'accord. Il fera une déclaration à la télévision israélienne à 17H00 GMT.

Israël a accepté de "mettre fin à la poursuite de l'annexion des territoires palestiniens" dans le cadre du plan de normalisation des relations, a tweeté le prince héritier d'Abou Dhabi.

"Lors d'un appel entre le président (américain Donald) Trump et le Premier ministre (israélien Benjamin) Netanyahu, un accord a été trouvé pour mettre fin à toute annexion supplémentaire de territoires palestiniens", a affirmé cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane sur son compte Twitter.

L'accord est une "victoire" pour la diplomatie, a commenté pour sa part l'ambassadeur des Emirats arabes unis à Washington, Youssef al-Otaïba sur Twitter.


"L'annonce d'aujourd'hui est une victoire pour le région et pour la diplomatie", a-t-il écrit.

"C'est une avancée pour les relations entre Israël et les pays arabes", a-t-il ajouté, soulignant que l'accord "préserve l'option de deux Etats (israélien et palestinien), défendue par la Ligue arabe et la communauté internationale".

Cette option a été ignorée jusqu'ici par le président Trump dont le plan de paix ne comporte aucune référence à un Etat palestinien vivant aux côtés d'Israël.

Eviter une "annexion unilatérale"

 De son côté, le président égyptien, Mohamed al-Sissi, dont le pays, un allié des Emirats et des Etats-Unis, est l'un des deux Etats arabes avec la Jordanie, à avoir signé un accord de paix avec Israël, a salué le compromis entre Abou Dhabi et Israël.

Ces dernières années, Israël a développé une coopération officieuse avec des économies régionales comme Bahreïn, les Emirats et l'Arabie saoudite, avec lesquels il cherche à normaliser ses relations.

Par le passé, cette normalisation était intimement liée au processus de paix avec les Palestiniens, qui devait servir de pont aux relations avec le monde arabe et plus largement musulman. Mais pour M. Netanyahu, c'est plutôt la normalisation avec les pays arabes qui poussera les Palestiniens à un accord de paix avec Israël.

"La gauche israélienne et mondiale a toujours dit qu'on ne peut pas faire d'accord de paix avec les pays arabes sans la paix avec les Palestiniens (...) Pour la première fois dans l'histoire, Benjamin Netanyahu a brisé ce paradigme", a réagi son parti, le Likoud.

L'annonce de la normalisation avec les Emirats arabes unis permet "d'éviter" une "annexion unilatérale", a d'ailleurs commenté sur Twitter le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi, membre du parti centriste Bleu Blanc.