Alors que 40 des 50 États américains sont touchés par le nouveau coronavirus, les autorités multiplient mises en garde et mesures visant à empêcher la propagation de la maladie. Après avoir minimisé les impacts potentiels de l’épidémie, Donald Trump a également été rattrapé par la réalité.

Mercredi, à l’heure où l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait que la propagation du Covid-19 avait atteint un stade pandémique au niveau mondial, les États-Unis, confrontés sur leur territoire à plus d’un millier de cas de patients porteurs du virus, prenaient des mesures draconiennes pour contrer l’avancée de la maladie.

En plus de l’interdiction pour 30 jours du trafic aérien venant d’Europe à destination des États-Unis décrétée mercredi soir par le président (exception faite du Royaume-Uni - lire aussi en pp. 10-11), de nombreuses écoles et universités ont été fermées et des compétitions sportives d’importance ont été purement et simplement suspendues, comme c’est le cas de la ligue nord-américaine de basket (NBA), soit se joueront à huis clos.

Rassemblements de masse interdits

À New York, où soixante-deux cas de contagion étaient confirmés jeudi, la traditionnelle parade de la Saint-Patrick a été annulée. Deux écoles dans le quartier du Bronx ont été fermées jeudi.

Le maire Bill de Blasio évoquait mercredi soir que de "nouvelles interdictions de rassemblements" pourraient être édictées dans les prochains jours, tout en affirmant que les écoles resteraient ouvertes, sauf en cas d’une détérioration spectaculaire de la situation.

À Broadway, dans le centre-ville, les producteurs de spectacles se montraient résolus à continuer à fonctionner normalement. Le maire, de son côté, s’affichait "désireux d’éviter la fermeture de l’artère". Le métro, dont les rames sont désormais désinfectées deux fois par jour, continuait à fonctionner normalement jeudi, ceci alors que l’administration se préparait à "réévaluer la situation en cas de besoin".

Craintes d’une possible saturation du système hospitalier

Dans l’État de Washington (Nord-Est), épicentre de la contamination avec 370 cas recensés, le gouverneur Jay Inslee, qui estimait, mercredi, que "le reste du pays connaîtrait (la même situation) dans les deux ou trois semaines", a procédé à l’interdiction de rassemblement de plus de 250 personnes, et ce, dans trois comtés rassemblant quatre millions d’habitants. Les événements sportifs, les concerts ou les rassemblements dans les églises sont ainsi concernés. Les autorités ont, par ailleurs, encouragé les travailleurs qui pouvaient se le permettre à la pratique du télétravail.

De leur côté, les hôpitaux américains se préparent au scénario du pire - un immunologiste évoquait hier le chiffre de 150 millions d’Américains potentiellement touchés à terme.

Dans certaines villes, des tentes ont été dressées devant les hôpitaux pour tester les patients entrants avant que ceux-ci ne pénètrent dans les différents services. Les craintes d’une saturation du système hospitalier par des patients montrant des symptômes du coronavirus sont, par ailleurs, bien présentes. Un expert rappelait ainsi que dans 80 % des cas, les patients atteints du virus n’avaient pas leur place dans un hôpital, mais plutôt chez eux. "Seuls ceux qui présentent des symptômes sévères pourront être admis", rappelait une urgentiste de l’hôpital Johns Hopkins, dans le Maryland.

Alors que la dégringolade des marchés financiers se poursuivait jeudi - l’indice Dow Jones perdant près de 9 % en fin de matinée - des doutes se faisaient également sentir quant à la solidité du tissu économique américain, surtout en ce qui concerne les petites entreprises (les États-Unis en comptent 30 millions) et l’industrie des services, où le télétravail n’est pas une option.

Dans un rare élan bipartisan, les deux grands partis ont annoncé, mercredi, travailler ensemble sur des mesures destinées à soutenir les personnes infectées par le virus, ainsi que sur des politiques d’allègement fiscal pour les petites entreprises.