La décision prise par Donald Trump de retirer les soldats américains du nord de la Syrie a provoqué lundi un tollé à Washington, plusieurs proches alliés du président républicain l'appelant, dans des messages indignés, à revenir sur cette "erreur". Estimant que ce choix était "porteur de désastre", Lindsey Graham, un des sénateurs républicains les plus proches de Donald Trump, a exhorté le président américain à "revenir" sur sa décision.

"Si ce plan", qui ouvre la voie à une offensive militaire turque contre les Kurdes, "est appliqué, j'introduirai une résolution au Sénat demandant à ce que l'on revienne sur cette décision. Je m'attends à ce qu'elle soit largement soutenue par les deux partis", a expliqué l'élu républicain dans un tweet.

La décision de Donald Trump "garantit le retour" des djihadistes du groupe Etat islamique (EI) et "l'abandon des Kurdes sera une tache sur l'honneur de l'Amérique", a mis en garde l'influent sénateur conservateur.

Autre grand soutien habituel du président américain au Congrès, Liz Cheney, numéro trois des républicains à la Chambre des représentants, s'est indignée d'une décision "qui ignore les leçons du 11-Septembre".

"Retirer les forces américaines du nord de la Syrie est une erreur catastrophique qui met en péril nos avancées contre l'EI et menace la sécurité américaine", a-t-elle tonné sur Twitter.

Le sénateur républicain Marco Rubio a lui mis en garde contre "une grave erreur qui aura des répercussions bien au-delà de la Syrie".

"Cela confirmerait la vision qu'a l'Iran de ce gouvernement et les encouragerait à aller vers une escalade d'attaques hostiles qui, à leur tour, pourraient déclencher une guerre régionale bien plus vaste et dangereuse", a-t-il tweeté.

L'ancienne ambassadrice de Donald Trump à l'ONU, Nikki Haley, s'est émue des conséquences pour les Kurdes, "qui ont été déterminants dans le combat" américain contre l'EI en Syrie. "Nous devons toujours défendre nos alliés si nous attendons d'eux qu'ils nous défendent", a-t-elle écrit sur Twitter. "Les laisser mourir est une grave erreur".

Chez les démocrates aussi, les critiques fusaient.

L'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton a accusé Donald Trump de s'être "allié avec les dirigeants des régimes autoritaires turcs et russes aux dépens de nos alliés loyaux et des intérêts américains". "Sa décision est une trahison ignoble aussi bien des Kurdes que de son serment présidentiel", s'est-elle indignée sur Twitter.

Le candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders a souligné qu'il prônait depuis longtemps la fin de l'"intervention militaire" américaine au Proche-Orient. "Mais l'annonce soudaine de Donald Trump (...) est extrêmement irresponsable", a-t-il tweeté. "Elle mènera probablement à plus de souffrances et d'instabilité".

Plus tôt dans la matinée, Donald Trump a expliqué qu'il voulait laisser aux différents protagonistes du conflit syrien le soin de "résoudre la situation" eux-mêmes. Lundi, les troupes américaines déployées dans le nord de la Syrie ont débuté leur retrait de secteurs proches de la frontière turque.