Elections américaines: une protégée de Trump échoue à décrocher le siège de gouverneure de l'Arizona

Une candidate républicaine soutenue par Donald Trump, Kari Lake, a échoué lundi à s'emparer du siège de gouverneure de l'Arizona, selon des médias, un nouveau revers pour l'ex-président, qui doit annoncer sa candidature à la présidentielle de 2024 mardi.

(FILES) In this file photo taken on November 8, 2022 Republican gubernatorial candidate for Arizona Kari Lake speaks to members of the media after voting in the US midterm election, in Phoenix, Arizona. - Kari Lake, the Republican candidate for governor in the southwest US state of Arizona who had cast doubt on the 2020 election results, was projected by US media Monday to have lost. Lake's defeat by Democrat Katie Hobbs, projected by CNN and NBC, adds to the list of candidates supported by former president Donald Trump who had made skepticism of his 2020 election loss to Joe Biden a major plank of their campaigns. (Photo by Olivier Touron / AFP)

Au terme d'une compétition serrée et tendue dans cet Etat clé, la démocrate Katie Hobbs l'a emporté sur le fil face à cette figure emblématique du trumpisme, d'après les chaînes CNN et NBC.

Kari Lake, convaincue que l'élection présidentielle de 2020 a été volée à Donald Trump - malgré l'absence de preuves - avait refusé d'indiquer clairement qu'elle accepterait le résultat de son propre scrutin.

Pour toute réaction, la candidate malheureuse a tweeté lundi soir: "Les habitants de l'Arizona savent quand on les arnaque".

L'ancien président a de son côté immédiatement dénoncé la validité du scrutin sur son réseau Truth Social. "Ouah! Ils viennent de voler l'élection à Kari Lake. C'est vraiment grave!"

Cette femme de 53 ans, qui revendique le sobriquet de "Trump en jupon" dont la gauche l'a affublée, a été l'une des personnalités marquantes de la campagne. Elle était vue comme l'un des lieutenants du républicain pendant les élections de mi-mandat, qui ont eu lieu le 8 novembre.

L'ancienne présentatrice du journal sur l'antenne locale de Fox News avait transformé sa notoriété audiovisuelle en capital politique, cultivant une image de rebelle touchée par la grâce, qui a abandonné les "médias corrompus".

Immigration, criminalité, déclin... cette mère de deux enfants avait repris tous les thèmes de son mentor.

Sa radicalité lui avait valu d'être qualifiée de "menace pour la démocratie" par une large partie de la presse américaine, qui l'imaginait déjà comme possible vice-présidente de Donald Trump en 2024.

Présidentielle

Presque une semaine après la tenue des votes, tous les résultats des élections de mi-mandat ne sont pas encore connus - le contrôle de la Chambre des représentants, par exemple, reste une inconnue.

Mais "la démocratie vaut la peine d'attendre", s'est réjouie lundi soir la démocrate et future gouverneure Katie Hobbs sur Twitter.

Secrétaire d'Etat de l'Arizona, chargée d'organiser les élections, elle s'était retrouvée sous le feu des projecteurs pendant la présidentielle de 2020, durant laquelle son Etat avait joué un rôle important.

Katie Hobbs avait notamment confié avoir reçu des menaces après la publication des résultats, inlassablement contestés par Donald Trump et ses partisans.

La défaite de Kari Lake représente une mauvaise nouvelle pour le magnat de l'immobilier, à qui la saison électorale n'a pas apporté la gloire qu'il espérait.

Donald Trump s'était personnellement impliqué dans ces votes, adoubant des candidats qui lui jurent une loyauté absolue.

Mais le parti républicain, qui voulait voir une vague conservatrice déferler sur le Congrès américain, n'a pas fait aussi bien qu'il le pensait.

Les démocrates ont déjoué les prédictions des sondages en réussissant à conserver leur contrôle du Sénat. Et à la Chambre des représentants, si la droite semble en voie de s'emparer de la majorité, elle pourrait être courte.

Surtout, nombre des poulains du milliardaire ont déçu, fragilisant sa position. D'autant qu'il doit faire face à la concurrence de Ron DeSantis, gouverneur de Floride réélu de façon triomphale, à qui l'on prête des ambitions présidentielles.

Donald Trump, qui a promis une "très grande annonce" pour mardi, devrait, selon toute vraisemblance, officialiser sa candidature à l'élection présidentielle de 2024.