Merrick Garland, 68 ans, est actuellement chef de la cour d'appel de Washington, une instance réputée pour l'importance des dossiers qui y passent.

Sa nomination signe une revanche pour les démocrates: candidat de Barack Obama à la Cour suprême en 2016, sa nomination avait été bloquée par les sénateurs républicains qui avaient même refusé de l'auditionner.

"Vous n'allez pas travailler pour moi, vous n'allez pas être l'avocat du président ou du vice-président", a déclaré Joe Biden en le présentant comme l'incarnation de "la décence, de l'honneur et de l'intégrité" lors d'une allocution depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.

"Votre loyauté ne sera pas envers moi, mais envers le Droit, la Constitution, le peuple de cette Nation", a ajouté le démocrate, dans une critique à peine voilée contre Bill Barr, un précédent ministre de la Justice.

Merrick Garland s'apprête à prendre la place de ce dernier, que l'opposition démocrate avait rebaptisé "l'avocat de Donald Trump" en raison de ses multiples interventions en faveur du président sortant ou de ses proches, mais qui a fini par s'émanciper début décembre au point de quitter son poste avant Noël.

"Il n'y a pas une règle pour les démocrates, une pour les républicains. Une pour les amis, l'autre pour les ennemis", a insisté Merrick Garland dans son intervention, en fixant comme priorité à son action "l'équité raciale" dans le système judiciaire et la lutte contre "les extrémistes violents".

Le futur ministre, si sa nomination est confirmée par le Congrès, devra réaffirmer l'indépendance de son ministère, rassurer une partie de ses quelque 110.000 employés, mais aussi engager de profondes réformes promises par le candidat démocrate lors de sa campagne.

L'un des premiers chantier sera la lutte contre les violences et le racisme dans les différents services de police, un sujet placé au coeur de la campagne électorale après la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié sous le genou d'un policier blanc fin mai.

Joe Biden, qui avait été l'un des architectes d'une loi pénale de 1994 très répressive, a également promis de développer des alternatives à l'incarcération, notamment pour les consommateurs de drogue.

Jeudi, il a également nommé trois femmes au ministère de la Justice: Lisa Monaco comme ministre adjointe, Vanita Gupta come sous-ministre, et Kristen Clarke qui sera spécifiquement chargée des droits civiques.