Au vu des rassemblements encouragés par Donald Trump, la police du Capitole - police spéciale allouée à ce lieu - et celle de Washington étaient sur les dents. Toutes les forces de la ville avaient été déployées. En tout, des milliers d'agents veillaient au grain. Mais ils n'ont pas pu empêcher la foule de s'introduire dans ce lieu mythique, symbole de la démocratie américaine. En infériorité numérique, les agents de sécurité et les policiers n'ont eu d'autre choix que de reculer face à la horde de manifestants qui usaient d'agents chimiques irritants ou de bombes artisanales.

Pourtant, jusque-là, les forces de sécurité maîtrisaient plutôt bien la foule. "Mais il y a eu un changement notable dans leur comportement alors que les manifestants s'approchaient du Capitole", explique Robert Contee, chef de la police métropolitaine lors d'une conférence de presse. "Ils ont franchi la clôture du Capitole et ont affronté les lignes de police entourant le bâtiment. Il était clair que la foule avait l'intention de causer du tort à nos agents en déployant des produits chimiques pour forcer l'entrée du bâtiment."


La police n'était pas en mesure de faire face à une attaque étant donné qu'elle n'était pas équipée de matériel anti-émeute. Ces agents étaient là pour contenir une manifestation, pas pour faire face à une attaque. "Il n'était censé y avoir personne près du Capitole", confirme Tim Ryan, un représentant démocrate, qui pointe tout de même des failles de sécurité. "Certaines personnes vont se retrouver sans emploi très rapidement."

De façon générale, la police semble en effet avoir sous-estimé le nombre de manifestants ainsi que le risque et ce, alors que des appels à la violence ont eu lieu sur les réseaux sociaux.


Pour Ed Davis,un ancien commissaire du département de la police de Boston, la police aurait dû être mieux préparée. "La police était en sous-nombre et dépassée. Mais c'est plutôt une erreur politique colossale qu'une erreur de la police", affirme-t-il. 

Une enquête aura également lieu après que des photos montrant des agents de police faire des selfies avec les manifestants ont circulé sur les réseaux sociaux. 


Il aura fallu l'intervention des militaires de la garde nationale pour ramener l'ordre dans les lieux, plusieurs heures plus tard. Donald Trump, qui avait galvanisé ses partisans, a quant à lui publié une brève vidéo sur Twitter appelant au calme, juste avant que son compte Twitter soit suspendu. En tout, 52 personnes ont été interpellées, et quatre personnes sont mortes.


Si le Capitole est souvent le théâtre de manifestations pacifiques, il s'agit de la pire faille de sécurité de l'histoire américaine.