Ce n'est cette fois pas sa couleur de cheveux qui aura le plus retenu l'attention des médias américains, ce lundi 23 novembre. Alors que Rudy Giuliani s'exprimait dans une interview à Fox News, l'avocat du président a laissé échappé une phrase qui a suscité de nombreuses réactions. "J'exagère un peu", a admis celui qui dirige les procédures judiciaires lancées par Donald Trump pour contester le résultat de l'élection présidentielle. Faisant référence à ses allégations suggérant qu'il y avait eu plus de votes à Détroit (Michigan) que d'habitants, il a reconnu que ce qu'il avançait n'était pas tout à fait juste.



Il s'est toutefois immédiatement repris, poursuivant ses accusations traditionnelles et pointant du doigt "la plus grande fraude de tous les temps". Mais les 4 mots prononcés par l'ancien maire de New York sont loin d'être passés inaperçus. "Cela en dit beaucoup", a résumé John Berman sur CNN. Le fait que l'avocat de Trump admette lui-même que l'un de ses arguments était exagéré n'est, en effet, pas anodin. D'autant plus quand on sait que ce même argument avait été repris par l'actuel locataire de la Maison-Blanche pour dénoncer une élection truquée. "A Détroit, il y a eu bien plus de votes que d'habitants, rien ne peut être fait pour résoudre cette grande arnaque, j'ai remporté le Michigan", avait écrit le président américain le 18 novembre.

La déclaration de Giuliani intervient à un moment critique pour Donald Trump, qui vient de donner son accord à la mise en place de la transition. Le président a toutefois fait savoir dans un tweet qu'il n'abandonnait pas ses poursuites judiciaires et qu'il ne concéderait pas la victoire à Joe Biden. "Nous avançons très rapidement", a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.



Plusieurs voix se sont déjà élevées dans les rangs républicains pour demander au milliardaire de mettre un terme à sa démarche et d'accepter sa défaite. Le sénateur Mitt Romney, qui s'est toujours montré très critique à l'égard de Trump, a d'ailleurs estimé qu'il était "difficile d'imaginer une action plus antidémocratique de la part d'un président en exercice". "Après ne pas avoir réussi à apporter une seule preuve plausible de fraude devant la justice, le Président s'est désormais résolu à exercer des pressions manifestes sur les autorités nationales et locales pour renverser la volonté du peuple et renverser l' élection ", a écrit le républicain dans un communiqué partagé sur Twitter.